Politique(s) de la décroissance, Propositions pour penser et faire la transition

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Le livre Politique(s) de la décrois­sance, Propo­si­tions pour penser et faire la tran­si­tion écrit par Michel Lep­e­sant sor­tira dans les prochains jours en Librairie.

Il ne suf­fit plus de dénon­cer l’impasse de la crois­sance, d’annoncer la cat­a­stro­phe qui vient, de prophé­tiser tel ou tel effon­drement. Ce livre explore de ce qui pour­rait être la nou­velle phase de la décrois­sance définie comme tran­si­tion d’une société de crois­sance à une société d’a-croissance. « Entre le rejet du monde d’hier et le pro­jet de celui de demain, c’est d’un tra­jet dont nous avons besoin, pour ici et main­tenant. Et pour ce faire, quels rap­ports les décrois­sants doivent-ils entretenir avec le/la/les poli­tiques ? » annonce en intro­duc­tion Michel Lep­e­sant. Les ini­tia­tives con­crètes et les expéri­men­ta­tions minori­taires tolérées par le sys­tème dom­i­nant sont-elles suff­isantes pour pré­fig­urer le monde con­vivial et serein de demain ? La juste cri­tique du gaspillage ne risque-t-elle pas de dériver vers une injuste et indé­cente défense de la pénurie ?

Ce livre s’adresse aux décrois­sants et plus large­ment à tous ceux, et ils sont nom­breux, que ce mot, cette philoso­phie ou ce mou­ve­ment, interpellent.

Michel Lep­e­sant habite dans la Drôme où il tire un revenu d’existence de l’enseignement de la philoso­phie. Il anime le Mou­ve­ment des Objecteurs de Crois­sance (MOC) et est à l’origine de plusieurs pro­jets d’alternatives con­crètes: co-fondateur d’une mon­naie locale com­plé­men­taire, « la Mesure », d’une AMAP et d’une asso­ci­a­tion de producteurs-consommateurs. Il vient de coor­don­ner deux ouvrages col­lec­tifs: «Notre décrois­sance n’est pas de droite» (Ed. Golias, novem­bre 2012) et «L’antiproductivisme. Un défi pour la gauche ? » (Parangon, mai 2013).

L’Europe face au pic pétrolier

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Benoît The­vard, ingénieur con­seil en énergie et mem­bre de l’Institut Momen­tum, a pub­lié une étude sur le futur de la pro­duc­tion pétrolière et ses con­séquences poten­tielles pour l’Europe. La vul­néra­bil­ité par­ti­c­ulière de l’Europe est claire­ment mise en avant dans ce rap­port. La plan­i­fi­ca­tion de la descente énergé­tique, un des fonde­ments des ini­tia­tives de tran­si­tion, en ressort comme une des pri­or­ités d’action pour les citoyens, les entre­prises et les pou­voirs publics.

Ce doc­u­ment très riche est inté­grale­ment disponible en télécharge­ment gra­tuit sur le site qui lui est con­sacré.

Vous y trou­verez aussi des enreg­istrements vidéos du col­loque de présen­ta­tion de l’étude au par­lement européen.

Automobiles : le prix de la démesure

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La voiture fait par­tie inté­grante de la vie quo­ti­di­enne des Européens. Son util­i­sa­tion présente des avan­tages pour ses util­isa­teurs. Reste que, selon une étude menée par la chaire de l’économie des trans­ports de l’Université tech­nique de Dresde (Alle­magne) et présen­tée le 6 décem­bre au Par­lement européen, le bruit, la pol­lu­tion, le change­ment cli­ma­tique, les acci­dents de cir­cu­la­tion causés par les auto­mo­biles ne sont pas pris en compte dans les prix du marché. Ces exter­nal­ités se retrou­vent reportées sur d’autres citoyens, d’autres régions, et d’autres généra­tions : « les per­son­nes rési­dant le long des routes prin­ci­pales, les con­tribuables, les per­son­nes âgées ne pos­sé­dant pas de voiture, les pays voisins, les enfants, les petits-enfants et toutes les généra­tions futures sub­ven­tion­nent le trafic actuel ». A court terme, « le tarif déloyal » des déplace­ments en auto­mo­bile encour­age leurs util­isa­teurs à pren­dre « des déci­sions économique­ment et sociale­ment fausses », note l’étude.

L’étude évalue l’ampleur de ces coûts cachés de la mobil­ité auto­mo­bile et la manière dont ces coûts sont actuelle­ment financés.

L’étude com­plète est disponible ici.

Penser la décroissance. Politiques de l’Anthropocène.

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Penser la décrois­sance. Poli­tiques de l’Anthropocène, ouvrage de l’institut Momen­tum, est paru aux Presses de Sci­ences Po en avril 2013.

Depuis les débuts de l’époque indus­trielle, il y a deux cents ans, les activ­ités humaines ont pro­fondé­ment mod­i­fié les cycles de la nature, d’où le terme d’Anthropocène pour qual­i­fier la péri­ode contemporaine. Alors que les stocks de com­bustible s’épuisent, la dis­si­pa­tion exubérante d’énergie liée aux économies fondées sur la crois­sance touche à sa fin. Quelles seront les réper­cus­sions poli­tiques, économiques et sociales de cette nou­velle donne sur un sys­tème fondé sur une soif sans lim­ites de ressources naturelles ? Ère d’accélération, l’Anthropocène brille de ses derniers feux. Le XXIème siè­cle sera celui de la « descente énergé­tique ». Face à cette rup­ture pro­fonde dans l’histoire des temps, adopter un autre mod­èle que le pro­duc­tivisme s’impose d’urgence.

Un col­loque de présen­ta­tion de l’ouvrage sera organ­isé à Sci­ences Po Paris le mardi 28 mai, 28, rue des Saint-Pères, 75007 Paris, amphithéâtre Caquot, de 17h30 à 20h .

Inscrip­tions en ligne au bas de la page

Pro­gramme du colloque:

17 h 30 : Ouver­ture par François GEMENNE, directeur du domaine ‘Développe­ment durable’ aux Presses de Sci­ences Po, chercheur à l’Iddri-Sciences Po, et Agnès SINAI, directrice de l’ouvrage Penser la décrois­sance, jour­nal­iste.

Pre­mière table ronde (18h-19h) : La crise des sociétés indus­trielles : mod­èles du monde, entropie, pro­duc­tivisme et leur­res de la crois­sance verte, avec Yves COCHET (math­é­mati­cien, eurodéputé),  Philippe BIHOUIX (ingénieur centralien).

Mod­éra­trice : Agnès SINAI, direc­trice de l’ouvrage Penser la décrois­sance, jour­nal­iste.

Deux­ième table ronde (19h-20h) : Bifur­ca­tions, descente énergé­tique, biens com­muns et résilience, avec Mathilde SZUBA (doc­tor­ante au Cetco­pra — Paris 1), Luc SEMAL (doc­teur au Clersé — Lille 1) et Hugo CARTON (ingénieur centralien).

Présen­ta­tion par Alice le ROY, jour­nal­iste, pro­fesseur d’écologie urbaine.

La présen­ta­tion du som­maire de l’ouvrage ici.

INTERVENANTS :

Philippe Bihouix est ingénieur cen­tralien. Il a côtoyé pen­dant quinze ans, notam­ment comme ingénieur– con­seil, de nom­breux secteurs indus­triels (bâti­ment, énergie, chimie, trans­ports, télé­com­mu­ni­ca­tions, aéro­nau­tique, etc.). Il a égale­ment passé un an en république démoc­ra­tique du Congo et en Angola en logis­tique human­i­taire. Il est coau­teur, avec Xavier de Guille­bon, de l’ouvrage Quel futur pour les métaux ? (EDP Sci­ences, 2010), qui traite de la fini­tude des ressources minières et de son étroite inter­ac­tion avec la ques­tion énergé­tique, et pose les lim­ites tech­niques et socié­tales du recy­clage, de l’économie cir­cu­laire et de la crois­sance verte.

Hugo Car­ton est ingénieur cen­tralien, diplômé de l’Institut d’études poli­tiques de Paris, chercheur asso­cié à l’institut Momen­tum. Il est l’auteur du rap­port Freins et leviers des poli­tiques de résilience locales en Europe, réal­isé pour le groupe des Verts-ALE au Par­lement européen (décem­bre 2012).

Yves Cochet a été min­istre de l’Aménagement du ter­ri­toire et de l’Environnement dans le gou­verne­ment de Lionel Jospin. Il est aujourd’hui député écol­o­giste européen après avoir été par­lemen­taire à l’Assemblée nationale de 1997 à 2011. Doc­teur en math­é­ma­tiques, il est enseignant– chercheur à l’Institut national des sci­ences appliquées de Rennes de 1969 à 1997, où il ori­ente ses recherches vers la théorie des réseaux de neu­rones. Mil­i­tant écol­o­giste depuis quar­ante ans, il a par­ticipé aux com­bats anti­nu­cléaires et a prononcé de nom­breuses con­férences sur l’énergie, sur le dérè­gle­ment cli­ma­tique, sur la décrois­sance. Il a notam­ment pub­lié Quelle trans­for­ma­tion de la société ?, avec Jean-Christophe Cam­badélis et Gilbert Wasser­mann (Éditions de l’Atelier, 1995), Stratégie et moyens de développe­ment de l’efficacité énergé­tique et des sources d’énergie renou­ve­lable en France (La Doc­u­men­ta­tion française, 2000), Sauver la Terre, avec Agnès Sinaï (Fayard, 2003), Pét­role apoc­a­lypse (Fayard, 2005), Anti­manuel d’écologie (Bréal, 2009), Où va le monde ?, avec Jean-Pierre Dupuy, Susan George et Serge Latouche (Mille et Une Nuits, 2012).

Alice Le Roy est jour­nal­iste et agrégée d’anglais. Elle est chargée de cours d’écologie urbaine à l’IUT de Bobigny (Paris 13) après avoir été con­seil­lère à la mairie de Paris sur les ques­tions d’environnement de 2001 à 2010. Co– auteure du film doc­u­men­taire Écolo­gie, ces cat­a­stro­phes qui changèrent le monde (2009), du livre Jardins partagés. Utopie, écolo­gie, con­seils pra­tiques (Terre vivante, 2008), elle a pub­lié un entre­tien avec Eli­nor Ostrom dans la revue Écolo­gie et Poli­tique en mai 2011 (numéro 41). Elle est mem­bre du col­lec­tif édito­r­ial de la Revue des Livres (RdL).

Luc Semal est doc­teur en sci­ence poli­tique au CERAPS (Uni­ver­sité Lille 2). Il tra­vaille sur les impli­ca­tions poli­tiques et sociales de la crise écologique et a soutenu sa thèse sur le mou­ve­ment des villes en tran­si­tion en 2012. Il est égale­ment mem­bre du comité de rédac­tion d’Entropia. Il a co-écrit un chapitre dans l’édition française du Manuel de tran­si­tion de Rob Hop­kins (2010) et est chargé d’enseignement à Sci­ences Po Paris (poli­tiques de décrois­sance) et à Sci­ences Po Lille (théorie poli­tique de l’environnement).

Agnès Sinaï, cofon­da­trice et prési­dente de l’institut Momen­tum, est jour­nal­iste envi­ron­nemen­tale (Le Monde diplo­ma­tique, Entropia, LaRe­vue­Durable, Actu– envi­ron­nement) et auteure de divers ouvrages, dont Sauver la Terre, coécrit avec Yves Cochet (Fayard, 2003) et Labo-Planète, avec Cather­ine Bour­gain et Jacques Tes­tart (Mille et Une Nuits, 2011). Elle est égale­ment maître de con­férences en mas­tère sci­ences et poli­tiques de l’environnement à l’Institut d’études poli­tiques de Paris où elle est ini­ti­atrice d’un cours sur les poli­tiques de décroissance.

Mathilde Szuba est doc­tor­ante en soci­olo­gie de l’environnement, au Cen­tre d’étude des tech­niques, des con­nais­sances et des pra­tiques (CETCOPRA, Uni­ver­sité Paris 1). Elle tra­vaille sur les impli­ca­tions poli­tiques et sociales du pic pétrolier et du dépasse­ment des seuils d’irréversibilité envi­ron­nemen­taux, notam­ment à tra­vers l’étude des quo­tas indi­vidu­els de car­bone (cartes car­bone). Elle a co-écrit un chapitre dans l’édition française du Manuel de tran­si­tion de Rob Hop­kins (2010). Elle est mem­bre du comité de rédac­tion d’Entropia et de la revue Développe­ment durable et Territoires.

RESUMÉ :

À l’heure où tous les clig­no­tants de notre planète sont au rouge, il n’est pas illégitime d’interroger la valid­ité de nos représen­ta­tions. Com­ment, en effet, la muta­tion du monde qui nous entoure continue-t-elle de demeurer à ce point extérieure à nous ? Com­ment, mal­gré notre malaise, sommes-nous devenus à ce point clivés qu’aucune vision poli­tique, aucune con­férence inter­na­tionale de l’environnement n’est par­v­enue, au cours des vingt dernières années, à engen­drer des mesures pro­por­tion­nées à la crise de la nature ? Le cortège de solu­tions tech­nologiques et les promesses d’un retour à la crois­sance sont autant de mirages qu’on aimerait pren­dre pour des réal­ités afin d’éviter d’affronter un futur sans avenir. Dans la sidéra­tion générale et la fab­rique du déni qui l’accompagne, l’Anthropocène sonne comme un fra­cas. Ce néol­o­gisme, forgé par le géochimiste Paul Crutzen au début des années 2000, opère une brèche dans nos visions con­tinuistes. En don­nant la mesure de l’accélération de la trans­for­ma­tion de la Terre causée par les sociétés indus­trielles, il sug­gère un change­ment d’échelle tem­porelle. Les glacio­logues mesurent au fond des glaces polaires un sur­dosage de gaz à effet de serre apparu depuis les débuts de l’industrialisation, d’une ampleur inédite par rap­port aux 800 000 années précé­dentes. Les con­di­tions cli­ma­tiques actuelles, boulever­sées, ne sont plus seule­ment naturelles. Jamais les éléments n’ont connu de trans­for­ma­tion si rapide. L’énergie tirée du char­bon, du pét­role et de l’uranium a con­féré à Homo faber une capac­ité accélérée d’exploitation et de destruc­tion de la nature. Alors que l’ère inter­glaciaire de l’Holocène s’illustrait par une remar­quable sta­bil­ité des con­di­tions naturelles et tech­niques, l’ère de l’Anthropocène est mar­quée par la mod­i­fi­ca­tion des cycles de la biosphère, par le machin­isme et le pro­duc­tivisme, ali­men­tés par une nou­velle et gigan­tesque puis­sance : celle des éner­gies fossiles.

Com­pren­dre cette rup­ture dans l’histoire des temps requiert tant une nou­velle focale qu’un nou­veau vocab­u­laire. En moins de deux cents ans, les con­di­tions de vie sur la Terre, âgée de 4,5 mil­liards d’années, auront été mod­i­fiées à une vitesse jamais con­nue. Quels seront les sédi­ments du futur légués par notre époque ? Des strates plas­ti­fiées au fond des océans ? Des gise­ments de déchets radioac­t­ifs ? L’énergie nucléaire est d’un autre ordre tem­porel que la force tel­lurique des plaques tec­toniques ou le feu des vol­cans. Au Japon, sur les rivages de l’île de Hon­shu le 11 mars 2011, le déchaîne­ment des éléments a révélé la démesure autant que la fragilité des machines thermo-industrielles. La cat­a­stro­phe de Fukushima ne nous intime-t-elle pas de déployer une forme d’éveil non trib­u­taire du rythme des machines ?Le vol­ume des objets électro-industriels excède la capac­ité de com­préhen­sion de notre imag­i­na­tion et de nos sen­ti­ments, écrit le philosophe Gün­ther Anders. Ce débor­de­ment des per­cep­tions et de l’expérience immé­di­ate, le philosophe le nomme « supral­im­i­naire ». Notre enten­de­ment ne saisit pas les change­ments en cours. Que comprenons-nous du présent ? Presque rien. Sci­en­tifiques et lanceurs d’alerte nous envoient des sig­naux, mais notre appréhen­sion du réel demeure lim­itée au local, au connu, au con­tinu. Parce qu’il en va de même des caté­gories poli­tiques, nous avons décidé de fonder un lieu de pen­sée autour de la ques­tion de l’Anthropocène, l’institut Momen­tum, dont cet ouvrage col­lec­tif est l’une des pre­mières expres­sions. Choc des représen­ta­tions, l’Anthropocène pour­rait induire, outre une nou­velle ontolo­gie des modes d’existence chère à Bruno Latour, une refonte des valeurs et des leviers de pilotage de nos sociétés.

Dans les chapitres à suivre, nous avons tenté de faire émerger de nou­velles per­spec­tives. Dans une pre­mière par­tie, nous posons le décor, la genèse des sociétés de crois­sance : l’Anthropocène a une orig­ine his­torique, matérielle et tech­nique qui se joue dans l’Angleterre char­bon­nière des années 1750. Son emblème est la machine ther­mique, son énergie, le char­bon, sa géopoli­tique, de forme colo­niale (chapitre I). Comme le mon­tre Yves Cochet (chapitre II), le pro­duc­tivisme demeure à l’origine de la plu­part des représen­ta­tions con­tinuistes de nos sociétés, mar­quées par une pro­jec­tion du passé vers le futur, alors que d’autres mod­èles, non linéaires, inti­ment l’anticipation d’un effon­drement pos­si­ble. Le pic du pét­role con­ven­tion­nel, l’hyperconnectivité des sys­tèmes, l’interaction spécu­laire des indi­vidus et des poli­tiques, l’inflexibilité des valeurs socié­tales sont autant de vul­néra­bil­ités et de fac­teurs d’inertie. L’entropie pour­rait bien être le cheval de Troie de la crois­sance, expose François Rod­dier (chapitre III). L’astrophysicien com­pare les sociétés à des struc­tures dis­si­pa­tives qui engen­drent du chaos à mesure qu’elles se dévelop­pent, jusqu’à attein­dre un seuil cri­tique, à moins de par­venir à l’équilibre en révisant leurs modes d’auto-organisation.

Dans le présent ouvrage, François Rod­dier remonte aux orig­ines de la sci­ence de la ther­mo­dy­namique pour éclairer la crise de notre civil­i­sa­tion. La crois­sance repose non seule­ment sur de l’énergie, mais aussi sur des métaux qui con­naîtront égale­ment un pic, écrit Philippe Bihouix (chapitre IV). Cet ingénieur a à cœur de dis­siper quelques illu­sions, comme celles de la crois­sance verte et du recy­clage, qui deman­dent un con­tin­uum énergé­tique que l’avenir ne garan­tit pas. A con­trario, propose-t-il, il faudrait com­mencer à penser low tech plutôt que high tech. Dans une sec­onde par­tie s’ouvrent des bifur­ca­tions vers d’autres mod­èles que notre mod­èle pro­duc­tiviste. S’il ne s’agit pas de solu­tions clés en main, si aucune ne pro­pose le rem­place­ment mirac­uleux du pét­role par une autre énergie, l’ensemble pour­rait con­courir à de nou­veaux stan­dards mon­di­aux. Si l’énergie est au cœur des iné­gal­ités, comme l’avait com­pris Ivan Illich dès les années 1970, Mathilde Szuba pro­pose des out­ils de jus­tice énergé­tique et de sobriété con­viviale en sit­u­a­tion de pénurie, parmi lesquels la carte car­bone (chapitre V). Cer­tains ter­ri­toires ont déjà com­mencé à met­tre en œuvre des poli­tiques locales de décrois­sance, dont l’épicentre d’avant-garde est la petite ville de Totnes, dans le Devon, en Angleterre. Dans cette ville et dans des cen­taines d’autres, des groupes de citoyens sont par­venus à se représen­ter la réal­ité immi­nente d’un effon­drement énergé­tique des sociétés, explique Luc Semal (chapitre VI). Ils ont sur­monté leur dis­so­nance cog­ni­tive et se sont pro­jetés dans un avenir post­crois­sant. À tra­vers des pra­tiques de délibéra­tion, ils ont fait émerger des plans locaux de décrois­sance énergé­tique et de sus­ten­ta­tion ali­men­taire. Ils ont pensé la résilience de leur ter­ri­toire aux chocs cli­ma­tiques, soci­aux, énergé­tiques. Au cœur des cat­a­stro­phes, ce con­cept de résilience a été inves­tigué par Hugo Car­ton (chapitre VII), qui met en garde con­tre le risque d’une banal­i­sa­tion du désas­tre. La résilience, elle aussi, a ses lim­ites. Pour éviter le délite­ment des sociétés, il faut renouer avec les biens com­muns et met­tre en place des cadres favor­ables à leur émer­gence, afin que l’altruisme devi­enne une forme de sécu­rité col­lec­tive, comme l’écrit Alice le Roy (chapitre VIII).

On l’aura com­pris, à l’ère de l’Anthropocène, le développe­ment durable aura per­mis des actions à la marge, sans met­tre en ques­tion le moteur du pro­duc­tivisme. C’est ce qu’exprime en con­clu­sion de cet ouvrage le vision­naire Den­nis Mead­ows qui tire, quar­ante ans plus tard, le bilan de The Lim­its to Growth, rap­port d’alerte paru en 1972, et en appelle à pré­parer le déclin inéluctable des sociétés de croissance.

 

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Conférence participative sur la transition énergétique

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A l’occasion du débat national sur la tran­si­tion énergé­tique, l’association Les Amis d’Enercoop organ­ise une con­férence par­tic­i­pa­tive sur la tran­si­tion énergétique :

La tran­si­tion énergé­tique en France,

quelle place pour les citoyens ?

Mer­credi 24 avril 2013 de 19h à 21h

Espace Jean Dame

17 rue Léopold Bel­lan Paris 75002

Vous êtes convié(e)s à venir débat­tre sur cette ques­tion avec :

Anne BRINGAULT, prési­dente de l’association Les Amis d’Enercoop

Raphaël CLAUSTRE, directeur du CLER

Julien ROBILLARD, prési­dent du con­seil d’administration d’Enercoop

Ronan DANTEC, séna­teur de Loire-Atlantique

Alain GRAS, sociologue

Le débat national sur la tran­si­tion énergé­tique vise à inciter l’ensemble des citoyens à se saisir de cette oppor­tu­nité pour se pronon­cer sur les choix d’avenir en matière d’énergie, ce qui est une pre­mière pour ce secteur.

L’association Les Amis d’Enercoop organ­ise une con­férence par­tic­i­pa­tive dans le cadre du débat national afin de met­tre en avant la place des citoyens dans la tran­si­tion énergé­tique en France. Les thèmes abor­dés lors de la con­férence seront : sobriété énergé­tique, atteinte du mix énergé­tique, choix en matière d’énergies et finance­ment de la transition.

C’est donc autour d’intervenants recon­nus pour leur exper­tise dans le domaine de l’énergie et leur vision de la place des citoyens dans ce secteur que l’association Les Amis d’Enercoop vous pro­pose de venir par­ticiper à cette conférence.

Inscrip­tion oblig­a­toire via le for­mu­laire en ligne ici.

 

Situation de la centrale de Fukushima-Daiichi

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Suite à la cat­a­stro­phe de Fukushima le 11 mars 2011, le lab­o­ra­toire de la CRIIRAD a effec­tué un suivi spé­ci­fique de l’impact des retombées sur le ter­ri­toire français. La CRIIRAD a pu apporter égale­ment un sou­tien sci­en­tifique à des ONG Japon­aises, con­duire une mis­sion sci­en­tifique à Fukushima en mai –juin 2011 et con­tribuer à la créa­tion de lab­o­ra­toires indépen­dants (CRMS). Ces actions ont pu être effec­tuées en par­tie sur les fonds pro­pres de l’association CRIIRAD grâce au sou­tien de ses adhérents, et en par­tie grâce à une sub­ven­tion de 34 180 Euros votée par le Con­seil Régional Rhône-Alpes dans le cadre de la con­ven­tion pluri-annuelle d’objectifs 2011–2013 signée avec la CRIIRAD (action C1).

Voir le dossier spé­cial Japon de la CRIIRAD et le blog veilleurs de Fukushima( http://fukushima.over-blog.fr/).

Conférence européenne du phosphore durable

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Les 6 et 7 mars a eu lieu à Brux­elles la 1ère con­férence européenne sur le phos­phore durable (Euro­pean Sus­tain­able Phos­pho­rus Conference 2013).

Cette con­férence est le résul­tat à la fois d’initiatives de plus de 40 entre­prises,  insti­tuts de recherche,  ONG et gou­verne­ments à tra­vers la chaîne de valeur européenne du phos­phore ainsi que des ini­tia­tives au sein de la Com­mis­sion européenne (Livre vert sur ​​les phos­phates, révi­sion de la régle­men­ta­tion sur les engrais, The raw mate­ri­als ini­tia­tive). L’objectif de la con­férence est de sen­si­biliser à la néces­sité d’une ges­tion plus durable du phos­phore à l’échelle européenne, afin de faciliter la tran­si­tion vers un envi­ron­nement prop­ice dans lequel une ges­tion économe et sobre du phos­phore sera mise en place et un marché durable du phos­phore recy­clé sera créé.

Téléchargez le pro­gramme de la con­férence ici.

Biens communs : comment (co-)gérer ce qui est à tous ?

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Les biens com­muns, c’est un vocab­u­laire pour réen­chanter notre imag­i­naire, une voie à défricher pour réus­sir la tran­si­tion écologique et sociale.

Ni biens privés, échangés sur le marché et ne répon­dant qu’à une logique de profit indi­viduel, ni biens publics, pro­duit par l’Etat, les biens com­muns procè­dent d’une autre démarche. Ils exis­tent par la volonté de com­mu­nautés qui s’organisent pour gérer col­lec­tive­ment une ressource afin d’en garan­tir la péren­nité et l’accès à tous, par­fois en inter­ac­tion avec le marché, par­fois avec l’Etat, par­fois avec les deux. On pense sou­vent à l’eau, les forêts, l’air, les trans­ports en com­mun, les langues, la con­nais­sance, les ressources géné­tiques, le web, les mon­naies, etc. Un rôle impor­tant y est dévolu au poli­tique : celui de recon­naître et de soutenir ceux qui — de plus en plus nom­breux — veil­lent à ces biens com­muns. Car les richesses dont ils sont généra­teurs ont pour noms : souten­abil­ité, lien social, qual­ité de vie, action collective…

Un col­loque inti­t­ulé  “Les biens com­muns : com­ment (co-)gérer ce qui est à tous ?” a été organ­isé le 9 mars 2012 à Brux­elles par les trois fon­da­tions poli­tiques écol­o­gistes : Oikos, Green Euro­pean Foun­da­tion (GEF) et Etopia.

Retrou­vez ici le doc­u­ment très riche qui rassem­ble les textes issus du colloque.

Conférence Terra Vitae à Paris le 2 mars 2013

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Terra Vitae accueille pour la pre­mière fois en France Jean-Martin Fortier, auteur de l’ouvrage « Le jardinier-Maraîcher » et maraîcher sur petite sur­face au Québec…

Jean-Martin pos­sède plus de 10 années d’expérience en maraîchage biologique diver­si­fié. En 2005 lui et sa com­pagne, Maude-Hélène Desroches ont fondé les Jardins de la Gre­linette à Saint-Armand au Québec, une micro-ferme sou­vent citée au Canada et à l’étranger comme un mod­èle d’établissement alter­natif en agri­cul­ture. Au cours des dernières années, leur entre­prise à acquis une cer­taine recon­nais­sance du milieu agri­cole, notam­ment en obtenant un prix décerné par la Finan­cière agri­cole du Québec pour l’excellence en relève agri­cole, et ce, mal­gré le fait que l’entreprise cul­tive moins d’un hectare de super­fi­cie. Il a été influ­encé par la per­ma­cul­ture et les travaux d’Eliot Cole­man pour en arriver aux con­stats que cul­tiver inten­sé­ment une petite sur­face présente de nom­breux intérêts écologiques, mais égale­ment économiques, comme le démon­tre avec brio son expéri­ence, per­for­mante depuis le début, avec seule­ment 0,8 hectare cul­tivé. Jean-Martin est égale­ment l’auteur du « Jardinier-maraicher », un livre paru en sep­tem­bre 2012 aux éditions Écoso­ciété dans lequel sont exposés les out­ils et tech­niques qui ren­dent pos­si­ble la cul­ture bio-intensive des légumes diversifiés.

La con­férence “s’installer et bien vivre sur une ferme à échelle humaine” aura lieu le 2 mars à la Mai­son des Asso­ci­a­tions de Sol­i­dar­ité du 10/18 rue des Ter­res au curé dans le 13ème à Paris. Jean-Martin Fortier y partagera avec générosité et trans­parence les méth­odes et astuces qui ont fait le suc­cès de ses cul­tures et la rentabil­ité de sa micro-ferme. Cette con­férence s’adresse autant au jar­dinier ama­teur qu’à une per­sonne qui souhait­erait se lancer en agri­cul­ture écologique, de prox­im­ité et à échelle humaine.

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The Anthropocene Project au HKW à Berlin

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Depuis les débuts de l’époque indus­trielle, Homo faber s’est érigé en force géologique cen­trale et toute-puissante. Cette époque a com­mencé, il y a deux cents ans, avec les débuts de la révo­lu­tion indus­trielle. Aujourd’hui, tous les cycles de la biosphère sont mod­i­fiés par les activ­ités humaines — cycle du car­bone, de l’eau, du phosphore.

L’Anthropocène est ce nou­vel “âge géologique de l’humanité»  pro­posé par les sci­ences de la Terre. Pop­u­lar­isé par le prix Nobel Paul J. Crutzen au tour­nant du mil­lé­naire, le terme est con­sid­éré comme l’un des con­cepts sci­en­tifiques les plus nova­teurs. Pour plus d’informations voir Jacques Grinevald et Agnès Sinaï.

Le Haus der Kul­turen der Welt (HKW)  est un espace berli­nois con­sacré aux arts con­tem­po­rains inter­na­tionaux et un forum pour les développe­ments et les dis­cours actuels. Au cours des deux prochaines années, le HKW facilit­era une explo­ration des mul­ti­ples impli­ca­tions de l’Anthropocène sur la recherche, la sci­ence et l’art. Le trans­dis­ci­plinaire “Anthro­pocene Projet” explore ainsi le con­cept en util­isant des méth­odes de recherche et de présen­ta­tion issues des arts et des sciences.

Si l’on sus­pend l’opposition entre l’humanité et la nature, com­ment changer nos per­spec­tives et notre per­cep­tion ? Est-il encore pos­si­ble de penser des con­cepts tels que “arti­fi­ciel” et “naturel” ? Si les trans­for­ma­tions de la nature sont d’origine anthropique, com­ment cela impacte-t-il notre l’interprétation anthro­pocen­trique de notre avenir  ? Quel est l’impact de la notion de change­ments globaux sur les déci­sions poli­tiques ? Quelle image de l’humanité naît de l’idée d’une nature façon­née par l’homme?

Autant de ques­tions qui seront dis­cutées dans le cadre de l’ “Anthro­pocene Project” qui s’ouvre du 10 au 13 jan­vier 2013 avec un archipel de pen­sées, de posi­tions et de lignes de débat. L’ouverture exam­in­era donc les ques­tions fon­da­men­tales posées à et par “l’âge de l’humanité”. Penseurs de renom, artistes, cinéastes et uni­ver­si­taires des sci­ences naturelles et des sci­ences humaines se réu­niront à tra­vers une série de dia­logues, de spec­ta­cles et de mises en scène afin de négocier et de dis­cuter cette ère «post-Holocène” à tra­vers une grande var­iété de points de vue.

Voir le site du pro­jet et la pla­que­tte détail­lée du pro­gramme.