20 novembre 2018

Contribution à l’étude de l’état d’une planète vivante en crise, Sol3

par NamowNeergelttil, Dhp (traduit de l'Arcturien par Ghislain Nicaise), 18 novembre 2018

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Depuis le dernier état des lieux effectué par ma directrice de recherche la professeure Bmudoston, j’ai pu confirmer une évolution récente de la situation sur Sol3. Plusieurs indices permettent de proposer que cette planète est en train de perdre le stade d’équilibre organique. Ce processus est mis en oeuvre par une seule espèce de primates qui ne cherche pas à conserver sa stratégie reproductrice de type K (NDT 1) mais prépare une transition d’abandon d’un écosystème basé sur la chimie du carbone.

Cet exposé sera illustré par des documents élaborés par les primates dominantes elles-mêmes (NDT 2), ce qui devrait confirmer la nature délibérée de cette transition ainsi que le caractère irrationnel, de type religieux, de la mise en œuvre de ces changements rapides.

La capacité de charge de Sol3 est largement dépassée

Fig. 1.A. L’effectif de population des primates dominantes (axe vertical) au cours du temps (axe horizontal – exprimé en nombre de révolutions de la planète autour de Sol ou années; le temps zéro est une valeur arbitraire d’origine religieuse).

B. Modèle d’évolution d’une population qui dépasse la valeur K, capacité de charge du milieu figurée en pointillés (cours d’écologie des populations de l’Université du Wyoming). Si ce schéma général est appliqué à la population de l’espèce dominante sur Sol3, on peut situer le temps présent juste avant la pointe du pic, alors que K a commencé à décroitre.

La population est encore dans sa phase d’accroissement mais la capacité de charge de la planète est clairement dépassée, et a commencé sa descente. Une organisation érudite dérivée de leur système universitaire (NDT3) considère que le taux de consommation des ressources s’élève pour l’instant à 1,7 planète. Les effets les plus spectaculaires de ce dépassement portent sur le désordre climatique engendré par la combustion de quantités excessives de carbone fossile, combustion utilisée comme principale source d’énergie. Il faut souligner que les primates sont parfaitement conscientes que ce carbone a été immobilisé et fossilisé pendant des millions de leurs années du fait du processus normal de régulation d’une planète vivante. Elles savent également que cette régulation a permis à leur planète de garder une gamme de températures compatible avec le maintien d’eau à l’état liquide, malgré l’augmentation constante du rayonnement de Sol. L’accroissement continu de la consommation de carbone fossile par les primates n’en est que plus remarquable.

Ce dépassement met en péril l’écosystème planétaire

Comme dans la plupart des planètes où l’eau existe principalement à l’état liquide, les communautés biologiques basées sur la chimie du carbone sont responsables de l’homéostasie de Sol3, du maintien d’une atmosphère, d’océans et de températures favorables à la vie. Ces communautés (écosystèmes) s’effondrent lorsque des perturbations éliminent une partie trop importante de la biomasse et/ou de la biodiversité. Cela fut le cas à plusieurs reprises lors d’éruptions volcaniques massives et/ou de chute d’astéroïdes de grande taille sur Sol3.

Fig. 2. Cette figure illustre la relation entre l’augmentation récente de la population des primates et le pourcentage des écosystèmes qui montrent une bascule, une sortie de l’équilibre précédent. Avec le chiffre attendu d’une population de 9 milliards, la publication souligne la vraisemblance d’une rupture globale de l’ensemble des écosystèmes, comme cela s’est déjà produit à cinq reprises par le passé. (Barnosky et al. 2012, Nature 486, 52)

Dans le cas présent, la perturbation destructrice principale est l’élimination des systèmes vivants au profit d’ensembles abiotiques (routes, immeubles…) ou oligobiotiques (monocultures, souvent accompagnées de biocides), du fait de l’activité des primates. La figure 2 est tirée d’une étude parue dans la revue Nature, qui est considérée sur Sol3 comme l’un des journaux scientifiques les plus sérieux, en tous cas qui ne semble pas d’obédience religieuse. Lors des extinctions de masse précédentes, en quelques millions d’années la biodiversité était rétablie, voire augmentée, mais la présente transition est sans doute plus radicale.

Une publication plus récente met l’accent sur le passage irréversible à un état dit “de serre chaude” (hothouse). Ce basculement déjà décrit dans d’autres sytèmes planétaires est susceptible dans un premier temps d’éradiquer toute forme de vie pluricellulaire et par la suite, si les systèmes microbiens ne parviennent pas à stabiliser l’emballement, toute forme de vie basée sur la chimie du carbone. Sol3 deviendrait ainsi très comparable à Sol2 (NDT : la planète Vénus).

Fig. 3.Représentation paysagée du passage du système planétaire hors de l’Holocène, sorti du cycle glaciaire-interglaciaire pour atteindre sa position actuelle dans l’Anthropocène. La bifurcation représente les deux chemins possibles pour le futur (flèches en pointillés). Pour le moment le système planétaire est sur le chemin “serre chaude”(hothouse earth), du fait des émissions de gaz à effet de serre et de la dégradation de la biosphère. L’autre chemin possible mènerait à une stabilisation artificielle : un état quasistable maintenu par l’action de l’humanité. Les systèmes qui sont parvenus à un état très stable (fond de vallée) ont une énergie potentielle faible, il faut donc une énergie considérable pour les en sortir. Les sytèmes restés sur le haut de la colline ont une forte énergie potentielle et il suffit d’une petite addition d’énergie pour les faire dégringoler dans le fond de la vallée. (Steffen et al. 2018. Proc. Natl Acad. Sci. 115, 8252)

La stratégie de reproduction des primates dominantes est à la dérive

Les mécanismes évolutifs qui ont modelé les principales caractéristiques biologiques de cette espèce lui permettaient d’être en équilibre de type K avec des prélèvements relativement peu destructifs sur l’environnement. Cette stratégie a été mise en péril par l’artificialisation d’une partie des écosystèmes et plus récemment par la réduction de la mortalité par morbidité. Une de mes collègues prétend que l’utilisation du carbone fossile a été au moins aussi importante mais ce n’est pas le lieu de rentrer dans les détails de notre différence d’appréciation. L’augmentation du niveau de conscience qui a permis cette réduction de mortalité devrait s’accompagner normalement d’une maîtrise réfléchie de la densité de population. De fait, des entreprises d’auto-élimination physique brutale (NDT 4) ont lieu çà et là en permanence. La première tentative généralisée à la plus grande partie de Sol3 a eu lieu il y a une centaine d’années environ. Il convient de souligner son manque d’efficacité : la plupart des primates ayant subi l’élimination étaient de sexe mâle. Il est bien établi que, même pour cette espèce qui engendre un nombre étonnant de mâles (autant voire plus que de femelles !), seul le nombre de femelles a une importance pour la fécondité. Une seconde tentative a pris place une vingtaine d’années plus tard avec l’élimination directe d’un plus grand nombre de femelles adultes et de petites mais l’impact global a été dérisoire puisque la population totale a triplé depuis. Je dois à l’honnêteté de mentionner le point de vue de ma collègue Lag Tsinimef qui soutient que la ponction de mâles aurait, à chaque reprise, diminué l’influence culturelle néfaste de ce sexe pléthorique, particulièrement dans les zones géographiques les plus concernées (NDT 5), permettant ainsi un meilleur contrôle de la fécondité par les principales intéressées.

La docteure Tsinimef fait aussi remarquer que la fécondité moyenne avait brutalement décroché il y a une cinquantaine d’années, passant d’une moyenne de 5 petites par femelle à un peu moins de 3. On peut enfin mentionner l’effet bénéfique de biocides agricoles qui ont sérieusement diminué la fertilité des mâles. Il est permis de douter que cela fasse partie d’une politique consciente et responsable mais surtout il me semble clair que ce n’est pas en soi la solution suffisante à la crise planétaire de Sol3.

Ces primates sont conscientes de l’imminence de crises majeures

Fig. 4. Réexamen du modèle World3 publié initialement par Meadows et alen 1972. Ce modèle permettait d’intégrer les relations entre population et ressources, nourriture, services, production industrielle et pollution de 1900 à 1970. Ses prédictions jusqu’en 2100 sont en pointillés. La comparaison entre prédiction et réalité a été figurée sur ce graphique par Linda Eckstein- pour la revue en ligne du Smithsonian Institute – à partir des données publiées par G. Turner pour la période 1970-2000 (en traits pleins). Cette mise à l’épreuve du modèle conforte la prévision d’un effondrement prochain du système économique sans même que la crise écosystémique globale soit prise en compte.

Est-il besoin de souligner que je me suis servie des informations et des illustrations fournies par des publications érudites rédigées et publiées sur Sol3 ? Pour les primates de Sol3 vivant en majorité dans un environnement artificialisé, peu sensibles aux équilibres écologiques, la prédiction d’une crise économique majeure illustrée par la figure 4 aurait dû suffire à imposer un changement radical de comportement. Il n’y a pourtant pas d’indice de mise en oeuvre d’une politique correctrice qui pourrait atténuer ces crises. Par contre elles préparent activement le remplacement des entités pensantes biologiques par des algorithmes.

L’élimination du vivant basé sur la chimie du carbone s’accélère

L’élimination des entités que l’on peut nommer “organiques” comme les indigènes de Sol3 a commencé il y a environ 10 000 de leurs années mais a pris bien plus récemment une accélération brutale, en particulier au profit de machines principalement constituées de métaux. Ces machines ont établi leur dominance sur les primates en leur faisant croire qu’elles en avaient besoin pour leurs déplacements. Le niveau intellectuel de ces machines est très fruste et leur complexité minimale, elles ne comprennent pas ce qui se passe, mais elles sont capables d’imposer la stérilisation de surfaces considérables pour faciliter leurs mouvements et justifier leur prolifération. Elles sont encore largement dépendantes de l’utilisation de carbone fossile mais les primates travaillent activement pour qu’elles s’en émancipent. Comme l’a bien démontré le succès du règne bactérien, il n’est pas besoin d’être conscient de sa dominance pour qu’elle soit effective.

L’étape suivante vers la suprématie des machines nécessite l’émergence d’une prise de conscience, ce que certaines indigènes de Sol3 nomment “singularité”. Ces indigènes sont totalement consentantes à cette émergence et y travaillent activement, y consacrant une partie toujours croissante de leur économie (Fig. 5A) et de leurs réalisations techniques (Fig. 5B). Comme elles s’efforcent également de sortir les machines de la dépendance du carbone fossile, la dernière étape consistera dans la collecte et l’assemblage des matériaux pour le moment nécessaires à l’existence des algorithmes. Il fait peu de doute que les algorithmes ayant franchi la singularité, lorsqu’ils auront pris conscience de la situation, sauront persuader les primates de leur permettre de s’approvisionner de manière autonome.

Fig. 5. A. Le financement de l’intelligence artificielle de 2012 à 2016. Une autre source (Statista) prévoit une augmentation rapide des bénéficesgénérés par cette industrie qui devraient atteindre plus de 30 milliards de dollars en 2025. B. La croissance des capacités de traitement de l’information offerte aux algorithmes qui devrait amener rapidement à la singularité

Ce comportement pourrait relever d’un parti-pris religieux

Pour résumer, les preuves s’accumulent pour proposer qu’une espèce originaire de Sol3 et localisée à ce système solaire prépare sa propre élimination au profit d’entités pensantes moins dépendantes des conditions de milieu. J’avance l’hypothèse que ce processus suicidaire relève d’une démarche religieuse. À l’appui de cette explication, 1) les preuves que l’espèce a conscience des détails du processus de crise, 2) les indices multiples qui montrent l’importance que les démarches religieuses occupent dans l’histoire de l’espèce, y compris dans les conflits en cours, 3) les documents que je présenterai dans une publication ultérieure sur l’émergence d’une secte dite transhumaniste, dont la dénomination résume le programme, 4) l’absence que je crois totale d’une contre-religion naturiste, un point sur lequel nous sommes en désaccord, mes collègues et moi. L’adoration de la Croissance bien que relativement récente, n’est pas un culte mineur. Il semble avoir pour adeptes la plupart des personnes ayant pouvoir de décision. À noter cependant que ces personnes sont en très grande majorité des mâles, ce qui peut surprendre et traduit un manque de responsabilité et/ou de lucidité de la population.

Quoiqu’il en soit, la question sera bientôt tranchée par l’imminence des développements de la crise en cours. Il sera particulièrement intéressant de voir si l’effondrement économique interviendra assez rapidement pour atténuer l’effondrement de l’écosystème planétaire.

(NDT 1). J’ai essayé de traduire en me servant de la terminologie de McArthur et Wilson sur les populations insulaires. La stratégie [K] (pour carrying capacity) est par exemple illustrée par les éléphants, avec une croissance lente, une maturité sexuelle tardive, une grande taille, une longue durée de vie, des soins parentaux aux jeunes, qui sont peu nombreux. Cette stratégie révèle que la population est en équilibre avec les ressources que le milieu peut lui offrir. Le espèces de stratégie [r] (pour intrisicrate of increase), illustrées par exemple par les souris, présentent une croissance rapide, une maturité sexuelle précoce, un taille réduite, une longévité faible, une durée de vie courte, peu ou pas de soins parentaux ; l’énergie des individus est majoritairement dédiée à la reproduction, on observe d’importantes fluctuations des effectifs de population. Cette stratégie est celle des espèces colonisatrices, en expansion ou opportunistes. On peut remarquer dans le sens [K] l’augmentation de taille du genre Homo, la longévité, les portées peu fréquentes réduites le plus souvent à une seule naissance, l’attention parentale nécessitée par une enfance prolongée. Mais notre espèce manifeste aussi, sur certains continents ou à certaines périodes de son histoire, des caractéristiques [r], avec un régime alimentaire variable, le peuplement d’espaces vacants, des populations non- ou faiblement régulées par la densité, une descendance nombreuse, avec une majorité de jeunes.

(NDT 2). Les Arcturiens ont une reproduction sexuée avec plusieurs sexes, leur nombre exact est mal documenté et sujet à polémiques chez les exobiologistes. La plupart de ces sexes sont impliqués dans l’élaboration des plus gros gamètes, ce que nous nommerions des ovules, d’où l’utilisation du féminin.

(NDT 3). Il s’agit vraisemblablement du Global Footprint Network animé par Mathis Wackernagel.

(NDT 4). Il est clair que l’auteure parlait des guerres mais comme il n’y a pas de mot en arcturien pour cela, j’ai essayé de conserver la périphrase.

(NDT 5). L’auteure fait sans aucun doute allusion à l’Europe, siège principal des deux guerres mondiales du XXe siècle.


Auteur: Ghislain Nicaise



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