13 février 2016

Inscrire la monnaie dans les limites de l’empreinte écologique

Séminaire du 22 janvier 2016 par Christian Arnsperger

Cette réflexion s’ancrera dans un triple constat: premièrement, la finitude des budgets écologiques de la planète implique la réduction de multiples flux nets de matière et d’énergie ; deuxièmement, sa seule solution a priori équitable et réalisable est celle que propose l’approche “Contract & Converge” (C&C) qui prône une contraction rapide de l’empreinte écologique mondiale annuelle et une égalisation des quotas correspondants pour les citoyens individuels ; et troisièmement, la manière dont nos institutions créent et mettent en circulation la monnaie est l’un des instruments privilégiés de ce schéma. L’enjeu est de savoir comment faire de l’empreinte écologique mondiale la mesure de toute circulation monétaire, afin que ce que nous échangions entre nous ne soit plus (comme c’est le cas actuellement avec le mécanisme de création de monnaie par les crédits bancaires) des unités de valeur hypothéquées sur une croissance matérielle future mais (comme cela devrait être le cas dans un système écologiquement soutenable) des “fractions” de l’empreinte écologique mondiale, circulant en enveloppe fermée.

Au fond, comme l’a notamment suggéré l’économiste Richard Douthwaite en s’inspirant des travaux d’Aubrey Meyer et de Mayer Hillman sur C&C, il s’agit de remplacer l’actuelle logique de la monnaie comme droit de tirage sur une production en croissance par une logique alternative: celle de la monnaie comme droit de tirage sur l’empreinte écologique globale. Nous nous demanderons si un système de quotas individuels de matières et d’énergie (comme la carbon card britannique) ne pourrait pas servir de précurseur à cette émission monétaire plus radicalement écologique.