25 novembre 2013

Nourrir l’Europe en temps de crise

Vers des systèmes alimentaires décentralisés

Avec la multiplication des crises économiques et sociales, l’aggravation du réchauffement climatique, la généralisation des pollutions, la détérioration irréversible des écosystèmes et la fin de l’ère des énergies fossiles bon marché, l’Europe risque d’être confrontée avant 2030 à des chocs systémiques déstabilisants. Les systèmes alimentaires industriels européens, pourront-ils dans ces conditions se maintenir en l’état ou risquent-ils de subir d’importantes transformations structurelles ? La sécurité alimentaire en Europe pourrait-elle être ainsi remise en cause ?

Dès lors, comment anticiper une transition vers des systèmes alimentaires résilients et soutenables ? Comment produire, distribuer et transformer des aliments en quantité suffisante avec de moins en moins d’énergie fossile ? Comment sécuriser l’approvisionnement des villes ? Pour construire une vision à long terme d’une politique alimentaire européenne mêlant à la fois soutenabilité et résilience, il s’agira d’explorer des pistes plus concrètes en s’inspirant d’expériences de terrain.

L’étude de Pablo Servigne,  Nourrir l’Europe en temps de crise, vers des systèmes alimentaires résilients, commandée par Yves Cochet pour le groupe les Verts/ALE, tente de répondre à ces questions.

Le premier apport de cette étude est de prendre comme sujet principal l’ensemble du système alimentaire, et non plus seulement l’agriculture.

Deuxièmement, l’étude s’attache à l’analyse des relations entre les crises qui menacent le système alimentaire industriel, le constat de sa grande vulnérabilité – en particulier au regard du pic pétrolier et du changement climatique -, l’invitation à prendre conscience d’un potentiel effet domino et enfin la conclusion qu’il faut chercher des solutions systémiques.

Troisièmement, l’étude propose des principes généraux de résilience qui guideront les choix d’innovation et les propositions politiques. Les systèmes alimentaires, l’agriculture et la demande (les consommateurs) seront à l’avenir très économes en énergie, construits sur de petites structures décentralisées et conscientes des limites physiques de la planète.

Le quatrième apport de ce travail est de dessiner un cadre général pour la ville et les campagnes, qui prenne en compte les limites énergétiques, les risques climatiques et les exigences écologiques de l’environnement de demain. Ce cadre permettra de guider les futurs choix politiques, et de transformer l’imaginaire des acteurs du système alimentaire.

Le cinquième apport est de montrer que des expériences alternatives concrètes et crédibles existent et s’insèrent dans le cadre de pensée développé dans l’étude. Ceci redonne espoir en la possibilité d’une transition et favorise le passage à l’action. Mais les initiatives sont encore fragiles, il convient donc de les soutenir et de favoriser leur émergence par des politiques publiques fortes.

Enfin, l’étude permet de penser la transition, et de discuter des principales difficultés qu’elle pourrait rencontrer.

Lire l’intégralité de l’étude Nourrir l’Europe en temps de crise, vers des systèmes alimentaires résilients.

Un colloque de présentation de l’étude a eu lieu jeudi 17 octobre au Parlement européen à Bruxelles en présence de plus de 300 participants. Dans la première partie de la conférence, Pablo Servigne présentait son étude Nourrir l’Europe en temps de crise,  puis des pistes pour construire des systèmes alimentaires résilients. Dans la deuxième partie, les intervenants ont abordé les différentes réponses politiques, à l’échelon européen et local.

L’intégralité de la conférence est visionnable ici.


Auteur: Pablo Servigne



Tous les articles de Pablo Servigne :

Vers une agriculture sans pétrole
Nourrir l’Europe en temps de crise