Le podcast Présages

Présages, c’est le podcast qui questionne l’état de notre monde, les risques d’effondrement de notre civilisation industrielle, et les façons de se préparer à vivre différemment. On y parle de la face sensible de l’anthropocène, en interrogeant des personnes qui s’y intéressent de près.

Pourquoi un podcast sur l’effondrement ? Est-ce que ce n’est pas un peu anxiogène ? est ce que vous n’avez pas plutôt envie d’écouter des histoires positives, qui vous tire hors de la réalité obscure du monde ?

Pour Alexia Soyeux, c’est en faisant face au réel qu’on devient plus fort : on peut regarder le monde avec lucidité et clairvoyance, pour faire jaillir d’autres imaginaires de ce monde d’après, sans céder à la panique ou la paralysie.

Présages, c’est, une semaine sur deux, une conversation, à la rencontre de scientifiques, de littéraires, d’artistes, de personnes engagées, qui ont chacune conscience de l’immensité des bouleversements en cours et à venir ; ils questionnent et remettent en cause le modèle de nos sociétés, de notre planète, ils étudient, alertent, agissent, construisent.

Penser l’Anthropocène

L’Anthropocène a fait une entrée tonitruante dans la pensée contemporaine. Pour la première fois dans l’histoire de la planète, une époque géologique serait défi nie par l’action d’une espèce : l’espèce humaine. Mais que l’on isole l’humanité en tant qu’acteur unique ou que l’on pointe le rôle récent de la révolution industrielle, c’est toujours une vision occidentale que l’on adopte pour décrire le basculement annoncé, au risque de tenir à l’écart le reste du monde, humain et non humain.

Issu d’un colloque organisé par Philippe Descola et Catherine Larrère au Collège de France, à l’initiative de la Fondation de l’écologie politique, cet ouvrage réunit les contributions de chercheurs d’horizons multiples sur un sujet qui par définition traverse toutes les disciplines. Sans négliger les controverses entre géologues, il prend le parti de la pluralité des récits anthropocéniques, en privilégiant le point de vue des peuples sur un changement qu’ils subissent et que l’on nomme à leur place, et en tenant compte de la dimension sociale, genrée et inégalitaire de la question climatique.

Ouvrant la réflexion à d’autres manières d’habiter la terre, aussi improbables paraissent-elles, il montre que l’avenir n’est pas que le prolongement linéaire du présent.

Rémi Beau, Catherine Larrère (dir.), Penser l’Anthropocène, Presses de Sciences Po, mars 2018. 554 pages, 29 €.

Pour commander l’ouvrage, cliquer ici.

Rémi Beau est docteur en philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Catherine Larrère est professeur émérite de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ont également contribué à cet ouvrage : Stefan C. Aykut • Bernadette Bensaude-Vincent • Dominique Bourg • Pierre Charbonnier • Yves Cochet • Geremia Cometti • Hiav-Yen Dam • Isabelle Delpla • Philippe Descola • Vincent Devictor • Sébastien Dutreuil • Virginia García-Acosta • Barbara Glowczewski • Tommaso Guariento • Émilie Hache • Clive Hamilton • Elizabeth Hennessy • Alf Hornborg • Dale Jamieson • Pierre de Jouvancourt • Lydie Laigle • Christophe Laurens • Bronwyn Lay • Simon L. Lewis • Sacha Loeve • Michel Lussault • Virginie Maris • Mark A. Maslin • Baptiste Morizot • Germán Palacio • Marie-Hélène Parizeau • Yannick Rumpala • Sebastien Scotto di Vettimo • Atstrid Ulloa • Alberto Vargas

Sommaire :

 Introduction
Rémi Beau, Catherine Larrère 

Chapitre 1 – Humain, trop humain ?
Philippe Descola
Un seul critique
Le système naturaliste
Des réponses globales
L’adaptation
L’appropriation
La représentation

PREMIÈRE PARTIE – RÉCITS ET CONTRE-RÉCITS

Chapitre 2 – Vers une philosophie de l’histoire de l’Anthropocène
Clive Hamilton

Chapitre 3 – L’Anthropocène change-t-il la pensée politique ?
Yves Cochet
L’ignorance politicienne, l’éveil activiste
Les difficultés des chercheurs

Chapitre 4 – Anthropocène, questions d’interprétation
Dominique Bourg
Caractérisation de l’Anthropocène
Quelles interprétations possibles ?

Chapitre 5 – L’an 1610 de notre ère
Une date géologiquement et historiquement cohérente pour le début de l’Anthropocène
Simon L. Lewis, Mark A. Maslin
L’humanité : une superpuissance géologique
Définition du temps géologique
Clous d’or potentiels
1610 après Jésus-Christ
1964 après Jésus-Christ
1610 ou 1964 ?
Pourquoi est-ce important ?

Chapitre 6 – La magie mondialisée du Technocène
Capital, échanges inégaux et moralité
Alf Hornborg
Anthropocène ou Capitalocène ?
La révolution industrielle et l’économie du temps et de l’espace
Économie et moralité
L’argent : le fondement de la technologie
Conclusion

Chapitre 7 – « Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour ! »
Écrivaines, philosophes, activistes et sorcières écoféministes face au dérèglement climatique
Émilie Hache
Récit écoféministe de l’Anthropocène : guerre contre les femmes et destruction du monde
Rêver l’obscur

Chapitre 8 – Entre réconciliation avec la nature et « civilisation écologique »
Comment penser l’Anthropocène en Chine ?
Hiav-Yen Dam et Sébastien Scotto di Vettimo 
L’Anthropocène : un « Sinocène » ?
La question de la nature en Chine : réconciliation ou harmonie ?
L’Anthropocène à l’épreuve du terrain : Hainan, une île laboratoire pour la Chine
Conclusion : comment penser l’Anthropocène en Chine ?

Chapitre 9 – Le conflit des existences à l’épreuve du climat, ou l’Anthropocène revu par ceux que l’on préfère mettre à la rue ou au musée
Barbara Glowczewski et Christophe Laurens 

Chapitre 10 – Sur les ressources de la science-fiction pour apprendre à habiter l’Anthropocène et construire une éthique du futur
Yannick Rumpala
Sur la science-fiction, son imaginaire écologique et son potentiel comme catalyseur de réflexion
Sur l’aide de la science-fiction à la représentation d’enjeux éthiques et à la construction d’une éthique du futur
En guise de conclusion provisoire pour un chantier en devenir

Chapitre 11 – Voir le refuge
Culture visuelle de l’Anthropocène entre catastrophe et construction des niches
Tommaso Guariento
Les fractures de la Modernité
Voir l’Anthropocène : quatre esthétiques

DEUXIÈME PARTIE – HABITER LA TERRE À L’ÂGE DE L’ANTHROPOCÈNE

Chapitre 12 – Porter attention aux espaces de vie anthropocènes
Vers une théorie du spatial care
Michel Lussault
Toujours fragile
De l’intérêt du care
Un care à deux faces
Cinq principes

Chapitre 13 – Les changements climatiques et les enjeux de la santé
Vers une santé écologique ?
Marie-Hélène Parizeau 
Les changements climatiques et leurs impacts sur la santé humaine : quels sont les faits ?
La crise de la définition de la santé de l’OMS
La santé améliorative et le trans/post-humanisme
Vers une santé écologique

Chapitre 14 – Changement climatique et crise des relations de réciprocité dans les Andes péruviennes
Les Q’eros et l’Anthropocène
Geremia Cometti 
L’anthropologie entre dans le débat sur l’Anthropocène
Le changement climatique dans les Andes péruviennes
Les Q’eros face au changement climatique
L’Anthropocène à l’épreuve du terrain
Table des matières

Chapitre 15 – Le devenir du sauvage à l’Anthropocène
Baptiste Morizot
Le sauvage parmi nous
Le sauvage par soi-même
Parmi nous par lui-même
Diplomatie entre cohabitants
Diplomatie de la réconciliation

Chapitre 16 – Les aires protégées dans l’Anthropocène
Quelques pistes pour penser l’adaptation aux changements climatiques
Virginie Maris
Les réponses de la biodiversité aux changements climatiques
Prédire l’effet des changements climatiques sur la biodiversité des aires protégées
De la prévision à l’action, quelles stratégies d’adaptation dans les aires protégées ?
Comment les changements climatiques reconfigurent-ils la justification des aires protégées ?
Sauver cette part du monde que nous n’avons pas intentionnellement créée
Conclusion

Chapitre 17 – La confrontation d’un citoyen zéro carbone déterritorialisé au sein d’une nature carbonée locale-mondiale
Astrid Ulloa
Dynamique du Capitalocène : scénarios d’appropriation, d’expulsion et de dépossession
Politiques mondiales en matière de changement climatique
Politiques environnementales, culturelles et territoriales des peuples autochtones
Justice environnementale relationnelle autochtone
Conclusion : une proposition de justice environnementale relationnelle autochtone

Chapitre 18 – L’Anthropocène en friction
Non-rencontres entre géologie et histoire
Germán Palacio, Elizabeth Hennessy, Alberto Vargas
Sciences naturelles et sciences sociales : deux histoires bien différentes du « mondial »
La friction du passage du local au mondial : la vie sous les néotropiques
Anthropocène : quand la géologie rencontre l’histoire
Conclusion

Chapitre 19 – Catastrophes non naturelles et Anthropocène
Leçons apprises à partir des perspectives

 

L’Entraide, l’autre loi de la jungle

Dans cette arène impitoyable qu’est la vie, nous sommes tous soumis à la « loi du plus fort », la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète.

Aujourd’hui, les lignes bougent. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs ou modes d’organisation battent en brèche cette vision biaisée du monde et font revivre des mots jugés désuets comme « altruisme », « coopération », « solidarité » ou « bonté ». Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans cette fameuse jungle il flotte aussi un entêtant parfum d’entraide…

Un examen attentif de l’éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les micro-organismes – et même les économistes ! – ont pratiqué l’entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus.

Pourquoi avons-nous du mal à y croire ? Qu’en est-il de notre ten­dance spontanée à l’entraide ? Comment cela se passe-t-il chez les autres espèces ? Par quels mécanismes les personnes d’un groupe peuvent-elles se mettre à collaborer ? Est-il possible de coopérer à l’échelle internatio­nale pour ralentir le réchauffement climatique ?

À travers un état des lieux transdisciplinaire, de l’éthologie à l’anthro­pologie en passant par l’économie, la psychologie et les neurosciences, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle nous proposent d’explorer un im­mense continent oublié, à la découverte des mécanismes de cette « autre loi de la jungle ».


Pablo Servigne et Gauthier Chapelle ont tous deux une formation d’ingénieur agronome et un doctorat en biologie. Ils ont quitté le monde académique pour devenir « chercheurs in(Terre)dépendants ».

Le premier est notamment co-auteur de Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des généra­tions présentes (Seuil, 2015). Le second a coécrit Le Vivant comme modèle. La voie du biomimétisme (Albin Michel, 2015).

Pablo Servigne &Gauthier Chapelle


Date de parution : 11/10/2017
ISBN : 979-10-209-0440-9

22.00 €

Gouverner la décroissance

La décroissance peut-elle devenir un modèle politique alternatif et réaliste ?

Face au risque d’effondrement qui pèse sur nos sociétés industrielles, cet ouvrage défend de nouvelles voies fondées sur la tempérance et le ralentissement : instauration d’un revenu de transition écologique, adossement de la création monétaire aux limites de la planète, rationnement équitable des énergies fossiles, développement de la permaculture, partage du travail, etc. Il présente certaines expérimentations, telle la biorégion de Cascadia, en Californie du Nord.

Bien gouverner la décroissance plutôt que la subir : une nouvelle histoire politique peut s’écrire, où les perspectives ouvertes ne sont pas celles de la crise mais de l’inventivité.

Retrouver les informations et commander l’ouvrage aux Presses de Sciences Po.

Gouverner la décroissance. Politiques de l’Anthropocène III

Agnès Sinaï, Mathilde Szuba (dir.)

Mai 2017, 232 pages, 14 €

Fondatrice de l’institut Momentum, Agnès Sinaï est journaliste environnementale. Elle enseigne en master de sciences et politiques de l’environnement à Sciences Po. Mathilde Szuba est maître de conférences en science politique à Sciences Po Lille (Ceraps, Lille 2) et membre de l’institut Momentum.

Ont également contribué à cet ouvrage : Christian Arnsperger • Ugo Bardi • Dominique Bourg • Julie Celnik • Yves Cochet • Sandrine Rousseau • Benoît Thévard

Mobilisation contre le projet Europacity à Gonesse le 27 mai 2018

Mégacomplexe commercial, ludique et culturel situé à Gonesse (Val d’Oise), Europacity doit s’étendre sur 80 hectares de terres agricoles à 20 kilomètres au nord de la capitale. Il comprendrait 230.000 mètres carrés de commerces, 150.000 mètres carrés de surface dédiée aux loisirs (piste de ski, centre aquatique…) et 50.000 mètres carrés d’espaces culturels (salles de spectacle, halle d’exposition…), ainsi que des chambres d’hôtel, des restaurants, des espaces de congrès, etc. Le complexe a vocation à s’intégrer dans le projet de Zac du triangle de Gonesse, 299 hectares d’aménagements urbains desservis par une nouvelle ligne de métro. Le début du chantier d’Europacity est prévu pour 2019, avec une ouverture du site en 2024.

Le sacrifice de terres agricoles parmi les meilleures d’Europe mobilise les opposants au projet.

Prochain rendez-vous le dimanche 27 mai 2018 sur le site.

Renseignements : http://nonaeuropacity.com/

 

Décroissance. Vocabulaire pour une nouvelle ère

Lorsque la langue usuelle ne permet plus d’exprimer ce qui demande à être articulé d’urgence, c’est qu’il est temps d’apprendre un nouveau vocabulaire. Ce livre nous l’offre, et en premier lieu nous montre qu’il ne faut pas confondre décroissance et récession. Les concepts qu’il présente nous invitent à organiser notre vie d’une façon différente, dans une société plus juste et durable. Ce dictionnaire est constitué de plus de 50 entrées écrites par les plus grands spécialistes. Il présente les concepts clé de ce débat d’une façon concise et pratique. Il expose et étudie tous les courants de pensée, les imaginaires et les pistes d’action qui composent le puzzle de la décroissance. Il ouvre très concrètement la voie à une indispensable réorientation de l’économie pour vivre de façon durable et prospère.

L’ouvrage est déjà paru en Grande-Bretagne chez Routledge et en Espagne chez Icaria. Il paraîtra dans les mois prochains en Italie, au Brésil, en Allemagne, en Croatie et en France.

Un site sur le livre existe dans une version anglaise :

http://vocabulary.degrowth.org/

et montre l’écho qu’il a déjà eu dans le monde.

Ce livre est publié avec le soutien de l’Institut Momentum.

Décroissance.Vocabulaire pour une nouvelle ère, coordonné par Giacomo D’Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis. Editions Le Passager Clandestin, novembre 2015, 25 €, 520 pages.

Economie de l’après croissance. Politiques de l’Anthropocène, tome II

 

Economie de l’après-croissance. Politiques de l’Anthropocène II

Agnès Sinaï (dir.)

A l’ère de l’Anthropocène, les sociétés industrielles sont devenues aussi puissantes que les forces géologiques. Le productivisme, véritable socle de notre culture, catalyse l’illusion d’un mouvement perpétuel, déconnecté de la Terre.

Cette nouvelle publication de l’Institut Momentum trace les contours d’une économie biophysique, encastrée dans les cycles de la nature, ralentie, locale, et sobre. A l’horizon de ce nouveau paradigme, la décroissance apparaîtra non pas tant comme une contrainte que comme une nécessité éthique et physique.

Agnès Sinaï est fondatrice de l’Institut Momentum. Elle est également enseignante à Sciences Po, journaliste environnementale et a dirigé Penser la décroissance. Politiques de l’Anthropocène (tome I) (Presses de Sciences Po, 2013).

Avec les contributions de : Philippe Bihouix – Christophe Bonneuil – Thierry Caminel – Alice Canabate – Yves Cochet – Paul Jorion – Virginie Maris – Dominique Méda – François Roddier – Agnès Sinaï

Presses de Sciences Po, septembre 2015

259 pages

14 €

Petit traité de résilience locale

Dans les années à venir, nous devrons faire face aux impacts du réchauffement climatique, à la dégradation accélérée de notre environnement, et à la raréfaction des ressources qui maintiennent notre civilisation en vie, trois bouleversements qui vont s’accompagner de profonds changements sociétaux.

Désormais, il s’agit de s’y préparer, car il est possible qu’il soit trop tard pour infléchir les trajectoires. Comment ? En développant notre résilience, cette capacité des êtres et des systèmes socio-écologiques à absorber les chocs et à se transformer.

Mot d’ordre du mouvement des villes en transition, mobilisateur pour certains, synonyme de résignation pour d’autres, la résilience a plusieurs facettes. Elle s’adresse aux individus, aux collectivités et aux élus locaux qui se trouvent en première ligne pour maintenir les fondamentaux de notre société – santé, alimentation, transport, ressources vitales, énergie, habitat.

Loin de prôner le repli sur soi, les stratégies de résilience encouragent le partage, la coopération, l’autonomie créatrice et l’imagination de tous les acteurs locaux. Les auteurs nous offrent une boussole qui pourrait bien s’avérer utile pour traverser ce siècle sans chavirer.

Agnès Sinaï est fondatrice en de l’Institut Momentum, journaliste indépendante (Le Monde diplomatique, La Revue durable, Actu-environnement) et auteure. Raphaël Stevens est chercheur indépendant, formateur, auteur, spécialisé en résilience des systèmes socio-écologiques. Hugo Carton est ingénieur centralien, diplômé de Sciences Po. Pablo Servigne est ingénieur agronome et docteur en biologie. Il est chercheur indépendant, formateur, auteur et conférencier. Tous sont chercheurs associés à l’Institut Momentum.

Editions Charles Léopold Mayer, septembre 2015

110 pages, 9 €

Le Prasino Instituto à Athènes, écologiste et décroissant

Le « Prasino Institouto », ou Institut Vert, en Grèce, est une foundation non-gouvernementale et sans but lucratif. Créée en mars 2011, elle s’est donné pour but l’étude, l’analyse et la dissémination de la pensée écologique et de l’écologie politique dans tous leurs aspects. L’Institut a été créé à l’initiative du Parti Vert de Grèce (Oikologoi Prasinoi). Bien qu’il soit affilié au Parti Vert, l’Institut maintient à son égard une certaine indépendance.

Le Prasino Institouto promeut les activités de recherche et de documentation sur l’environnement, la société, l’économie et la politique avec une perspective d’écologie politique. Ses principaux centres d’intérêt sont les énergies renouvelables, les ressources naturelles, la production alimentaire, l’agriculture, la pêche, le travail, les valeurs démocratiques, les droits humains et les droits animaux, les questions de genre et l’action non-violente.

En 2014, l’Institut a publié un recueil d’articles sur la décroissance de Serge Latouche, Juan Martinez-Alier, Giorgios Kallis etc., traduits en grec sous le titre : « 11 textes pour la décroissance : Au-delà de dilemme entre développement et austérité » («11 κείμενα για την αποανάπτυξη: Πέρα από το δίλημμα λιτότητα ή ανάπτυξη»). Le sujet de la décroissance suscite d’autant plus d’intérêt que, depuis 2010, les échecs des politiques libérales à opérer une relance économique en Grèce ont ouvert une fenêtre de discussion pour des modèles économiques divergents et auparavant inaudibles. En avril 2013, le Prasino Institouto a organisé une conférence-débat intitulée « Beyond Growth/Degrowth: changing Greece’s cultural paradigm », avec Stavros Agoglossakis, Mauro Bonauiti, Mary Mellor, Valter Bonan et Igor Matutinovic.

Or Noir. La grande histoire du pétrole, par Matthieu Auzanneau

Depuis les premiers puits désormais à sec jusqu’à la quête frénétique d’un après-pétrole, du cartel secret des firmes anglo-saxonnes (les « Sept Soeurs ») jusqu’au pétrole de schiste, Or noir retrace l’irrésistible ascension de la plus puissante des industries.
Dans cette fresque passionnante, on croise les personnages centraux des cent dernières années – Churchill, Clemenceau, Roosevelt, Staline, Hitler, De Gaulle, Kissinger, sans oublier les présidents George Bush père et fils… –, mais aussi John Rockefeller, probablement l’homme le plus riche de tous les temps, ainsi que des personnalités moins connues ayant joué des rôles décisifs, tels Calouste Gulbenkian, Abdullah al-Tariki ou Marion King Hubbert. Ce livre éclaire d’un jour inattendu des événements cruciaux – l’émergence de l’URSS, la crise de 1929, les deux guerres mondiales, les chocs pétroliers, les guerres d’Irak, la crise de 2008, etc. –, bousculant au passage beaucoup de fausses certitudes. Le pétrole, notre source primordiale et tarissable de puissance, est présent à l’origine des plus grands déchaînements du siècle passé, comme du sucre versé sur une fourmilière.
Jusqu’à une date récente, l’emprise du pétrole s’oubliait ; elle allait tellement de soi. Croissance, climat, guerre, terrorisme : cette emprise ressurgit aujourd’hui à travers de gigantesques menaces. Or notre avenir dépend de celui que nous donnerons au pétrole, ou bien de celui qu’il nous imposera. La fin du pétrole, en tant que carburant de l’essor de l’humanité, devrait se produire bien avant que ce siècle ne s’achève. De gré ou de force. Et nul ne peut dire où cette fin va nous conduire…

 
Matthieu Auzanneau est l’auteur du blog « Oil Man, chroniques du début de la fin du pétrole », publié par Le Monde depuis 2010. Journaliste spécialiste des questions à la croisée de l’économie et de l’écologie (Le Monde, Arte, « Envoyé Spécial », Terra Eco, etc.), il est en charge de la prospective au sein du Shift Project, groupe de réflexion sur la transition énergétique

La Découverte, 718 pages, 14,99 €. Paru en mars 2015.