Alain Gras

Alain Gras

Actuellement professeur émérite à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, il a fondé le Centre d’études des techniques des connaissances et des pratiques (CETCOPRA) et le parcours « techniques, environnement, sociétés » de l’option sociologie du Mastère de philosophie et société. Socio-anthropologue des techniques, il a vécu ou participé à des recherches approfondies dans divers pays, en particulier en Suède, au Ghana, au Brésil, au Maroc, en Espagne. Il a beaucoup travaillé sur les problèmes posés par l’introduction des technologies de pointes dans l’aéronautique puis il s’est intéressé à la question de l’énergie. Cette question est prise d’abord comme un problème historique : la société thermo-industrielle, c’est-à-dire fondée sur l’usage du feu au détriment des autres éléments, s’est imposée non pas en continuité d’une évolution technique mais en rupture avec celle-ci. La question du pourquoi, et non du comment qui est celle des historiens classiques, vaut la peine d’être posée car c’est la technologie du feu qui a rendu possible notre trajectoire actuelle, expansion d’un capitalisme devenu délirant, création d’une mégamachine formée de macro-système techniques, obsession de la vitesse, de la délocalisation et de la toute puissance devenue la folie de la fuite en avant technologique.

Sélection d’ouvrages en rapport : « Grandeur et dépendance. Sociologie des macro-systèmes techniques » (PUF, 1996) ; « Fragilité de la puissance. Se libérer de l’emprise technologique » (Fayard, 2004) ; « Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique » (Fayard, 2008) ; (ss. la dir.) « L’avion : le rêve, la puissance et le doute » (PU Sorbonne, 2010).

Articles

En charge ! Mirages et miracles de l’électro-mobilité

L’électricité n’est pas de ce monde, du moins elle ne naît pas de la terre en tant que force naturelle. Elle n’est donc pas énergie sur le plan ontologique, dirait le philosophe, et de fait elle est bien rangée par la science dans l’humble catégorie de « vecteur énergétique ». Seule la foudre la matérialise en un instant.

Voiture électrique : une fable du Père Noël qui ne fait que déplacer la pollution ailleurs

Le sociologue Alain Gras, membre de l’Institut Momentum, explique, dans une tribune au « Monde », que nous faire avaler la fable que l’électricité est inoffensive écologiquement, c’est nous laisser croire au Père Noël. «Traverser Paris en silencieuse et saine voiture électrique purifiera l’air, mais cela ne supprimera pas une autre pollution, le terrifiant risque de […]