15 juillet 2021

Décroissance énergétique, décarbonation et nucléaire : une enquête sur les dilemmes du monde associatif dans le contexte anthropocénique

Séminaire du 12 juin 2021 par Loïs Mallet

Après l’opposition massive du mouvement des Gilets Jaunes à la hausse de la taxe carbone, comment expliquer que les associations environnementales continuent de défendre à demi-mot une taxe carbone désormais gelée ? En quoi ce positionnement témoigne-t-il de la fragilité du monde associatif en matière de politiques énergétiques dans un contexte anthropocénique ?

En s’appuyant sur un mémoire hébergé par l’Institut Momentum, dirigé par Mathilde Szuba et soutenu en 2020, ce séminaire a été l’occasion de réfléchir aux dilemmes des associations environnementales sur les questions énergétiques. A partir d’entretiens avec une vingtaine de responsables associatifs, dont des mouvements de jeunesse, il s’agira de revenir sur l’occasion manquée de promouvoir un rationnement énergétique plutôt qu’un verdissement de la taxe carbone.

Par ailleurs, la décroissance énergétique ne peut faire l’impasse, en France, d’un positionnement sur le nucléaire. Or il semblerait qu’au moment même où doit être décidé le renouvellement du parc, les associations soient de moins en moins opposées à cette énergie, voire, pour les plus jeunes, indifférentes à la question.

Enfin, ce séminaire discutera de la fertilité du discours effondriste dans l’engagement associatif. La perspective de l’effondrement, largement répandue dans les associations, semble avoir la capacité de faire bifurquer les stratégies associatives vers plus de résilience, d’autonomie, d’engagement et de radicalité.

A l’issue de cette présentation empirique et analytique de l’état du paysage associatif, nous aurons l’occasion de débattre pour aider nos camarades, et souvent nous-mêmes, à clarifier les enjeux d’une décroissance énergétique.

La synthèse complète de ce séminaire sera prochainement publiée.

Biographie : Collaborateur de l’Institut Momentum depuis 2019, Loïs Mallet est diplômé du double master Sciences et Politiques de l’Environnement (Sciences Po Paris et Sorbonne Université ex-Paris 6). Engagé au sein de la coordination nationale de la mobilisation de la jeunesse pour le climat, il a assuré la présidence du réseau français des étudiants pour le développement durable (REFEDD) en 2018-2019. Il termine actuellement un master de philosophie politique à la Sorbonne où ses recherches portent sur la pensée de Günther Anders au temps des catastrophes écologiques.