19 janvier 2021

Déforestation et risque d’effondrement : Le Covid-19 signale le dépassement des limites planétaires

Traduction par Yves Cochet du Dr Nafeez Mosaddeq Ahmed, janvier 2021

La pandémie COVID-19 est un symptôme des structures fondamentales de la civilisation industrielle. C’est ainsi un signal d’alerte précoce de la façon dont cette civilisation érode rapidement les conditions mêmes de sa propre existence. Au cours de la dernière décennie, les scientifiques de l’environnement ont averti que les activités humaines sont de plus en plus à même de franchir les limites planétaires, qui définissent les limites environnementales à l’intérieur desquelles l’humanité peut opérer en toute sécurité. Alors que la civilisation industrielle empiète de plus en plus sur les écosystèmes naturels, nous réduisons cet « espace opérationnel sûr » pour la survie humaine.

Un recadrage de la pandémie COVID-19 dans le contexte de processus biophysiques plus larges révèle qu’elle constitue une rupture biophysique entre le système Terre et les systèmes humains, ce qui représente une violation croissante des limites planétaires qui s’est intensifiée sur une période de plusieurs décennies depuis au moins les années 1970. L’un des événements significatifs de ce processus a été le krach financier de 2008 qui prend racine dans une transition géologique fondamentale vers une nouvelle ère d’énergie nette plus faible, ceci à cause du passage à des formes plus sales d’énergie non conventionnelle financées par une expansion massive de la dette par le quantitative easing. Cela a, à son tour, entraîné des formes croissantes d’expansion industrielle qui ont seulement continué à approfondir la rupture des frontières planétaires.

L’un des premiers aspects de ce dépassement des limites planétaires est l’impact persistant de la déforestation en cours, ce qui augmente le risque de pandémies de maladies zoonotiques telles que la COVID-19. Cependant, cette dernière semble provenir de la chasse aux chauves-souris en Chine, et est donc un symptôme de l’exploitation de la faune. Alors que l’épidémie de COVID-19 elle-même ne peut pas être le résultat direct de la déforestation, la déforestation fait partie d’un ensemble plus large d’activités qui empiètent de plus en plus sur les milieux naturels et augmentent le risque que des maladies exotiques passent d’espèces comme les chauves-souris aux humains.

Aujourd’hui, la COVID-19 inaugure, à une vitesse vertigineuse, l’interruption de l’ère des combustibles fossiles. Si cette situation peut offrir un espoir renouvelé pour éviter les désastres climatiques, elle présente également un risque sérieux pour les chaînes d’approvisionnement fondamentales qui soutiennent les flux d’énergie, les activités de fabrication et de production alimentaire de toutes les sociétés.

Cet état de fait nécessite un changement radical vers de nouvelles formes de production durable dans les industries englobant l’énergie, les mines, l’agriculture, les transports, la fabrication et la finance. Une série de changements systémiques s’impose, impliquant une transition vers des systèmes d’énergie renouvelable ; l’introduction de nouveaux principes d’économie circulaire ; une réforme monétaire radicale ; et un changement de paradigme économique par rapport au PIB.

L’un des domaines les plus urgents pour une action d’atténuation immédiate est la lutte contre la déforestation en passant à de nouveaux modes de production durable. Bien que l’attention se concentre souvent sur l’huile de palme, la marchandise nécessitant le plus l’attention est en fait le bœuf, le principal moteur des émissions de déforestation liées au climat. Des approches inclusives et coopératives impliquant une réglementation locale normalisée de tous les produits de base sont recommandés, et des progrès considérables dans la lutte contre la déforestation en Malaisie sont présentés comme une étude de cas potentiel des meilleures pratiques. Pourtant, de telles approches doivent aller en partenariat avec les transformations du monde développé pour lutter contre la dynamique de croissance de leurs économies en restructurant les processus industriels par des changements systémiques interconnectés évoqués précédemment. Globalement, la transformation systémique mondiale demandée implique une transition vers une forme de « civilisation écologique » capable de fonctionner dans les limites planétaires.

Mots clés : COVID-19 ; limites planétaires ; EROI ; pétrole ; transition ; risque systémique ; effondrement ; déforestation.

Résumé

L’industrialisation et les moteurs systémiques de la pandémie

La pandémie COVID-19 a pris tous les gouvernements par surprise, mais elle était finalement prévisible et même avait été prédite. Au cours des dernières décennies, de nombreux experts ont averti à plusieurs reprises non seulement du risque croissant de pandémie mondiale, mais sont allés jusqu’à conclure qu’une pandémie serait inévitable au cours de ce siècle, et que plusieurs seraient probables. La base de ces prédictions est invariablement enracinée dans un seul et large diagnostic concernant la nature de l’expansion industrielle mondiale.

En raison du contact accru entre les établissements humains et la faune dans des écosystèmes naturels jusqu’alors intacts, en raison de l’expansion industrielle, ainsi que de l’interdépendance complexe croissante entre pays, le risque de pandémie mondiale a été considéré comme une question de « quand » plutôt que de « si ». La déforestation bien sûr apparaît comme l’une des crises spécifiques majeures conséquentes de l’expansion industrielle, et exacerbe directement le risque de transmission de maladies dû à l’empiètement croissant des activités humaines sur les écosystèmes.

Cependant, il est important de rappeler que le déclencheur spécifique de la pandémie COVID-19 ne fut pas la déforestation en elle-même, mais plutôt un ensemble d’activités humaines intrusives en Chine impliquant la chasse d’animaux sauvages destinés à la consommation humaine. Ces activités peuvent clairement être liées à la structure de la Chine en tant que société industrielle en expansion, moins directement à la déforestation.

La pandémie comme effet de frontière planétaire

Alors que la déforestation augmente sans aucun doute la probabilité de maladies zoonotiques susceptibles de contaminer les humains selon de nombreuses études, elle reste un facteur lié à l’une des neuf « frontières planétaires » que nous risquons de franchir. À l’intérieur de ces frontières se tient « l’espace opérationnel sûr » de la civilisation humaine. Au-delà de ces frontières, cet « espace opérationnel sûr » commence à s’éroder. Les données scientifiques démontrent que nous avons franchi quatre de ces frontières planétaires il y a environ cinq ans, dont l’une concerne le changement d’affectation des sols – une catégorie dont relève la déforestation. Cela signifie que s’attaquer à l’ensemble des causes derrière les risques de la pandémie, et celles des pandémies futures, nécessite une attention particulière non seulement à la question de la déforestation, mais il s’agit aussi de comprendre cette question dans le contexte plus large de ses interconnexions avec plusieurs autres crises liées à la civilisation industrielle. Cela nous permet de recadrer la pandémie COVID-19 comme un symptôme de la poursuite du dépassement (Overshoot) des limites planétaires, et donc une manifestation directe du rétrécissement de l’« espace opérationnel sûr » pour la civilisation humaine. L’un des signaux les plus clairs de cela est la crise structurelle que la pandémie a engendrée par rapport au fonctionnement normal de l’économie mondiale, qui a été contrainte de se contracter quelle que soit la stratégie d’intervention entreprise (ex. couvre-feu, confinement, immunité collective). La pandémie doit donc être comprise non pas comme une crise unique, mais comme un point de convergence intervenant dans le contexte d’un continuum de crises au cours des dernières décennies, associées au dépassement des frontières planétaires par la civilisation industrielle.

Déforestation et risque d’effondrement

Si la déforestation n’a donc pas été un déclencheur direct de la crise de la COVID-19, elle demeure un facteur majeur de renforcement des risques pour les futures pandémies. Depuis la pandémie de la COVID-19, une série d’études scientifiques ont démontré la nature de ce risque, soulignant l’urgence de lutter contre la déforestation comme principal mécanisme pour réduire le danger d’une autre pandémie. La déforestation est désormais largement reconnue dans la littérature scientifique comme un symptôme de dépassement des limites planétaire. Cela inclut son rôle direct dans l’augmentation des taux d’émissions de carbone contribuant au dérèglement climatique mondial (représentant 15% des émissions), l’exacerbation de la volatilité climatique locale et régionale et, plus sérieusement encore, la déstabilisation à court terme des ressources au moyen desquelles les sociétés parviennent à fonctionner. Une étude récente en particulier met en garde contre la probabilité à 90% que la civilisation industrielle subisse un effondrement en raison des taux actuels de la déforestation. Associées à leur rôle dans l’augmentation du risque de futures pandémies, ces données soulignent l’importance civilisationnelle de l’élaboration d’une stratégie mondiale pour vaincre la déforestation.

La culpabilité de la déforestation : quelle marchandise ?

Pourtant, cette analyse démontre que l’approche occidentale conventionnelle de la lutte contre la déforestation, particulièrement adoptée au sein de l’Union européenne, est profondément imparfaite. Premièrement et avant tout, il y a la question de la culpabilité. Un récit commun chez les mouvements environnementaux occidentaux a tendance à situer la déforestation comme conséquence principale des activités des pays en développement du Sud. Mais ce récit simpliste peut servir à déplacer l’attribution des responsabilités aux pays en développement sans reconnaître suffisamment le rôle central et moteur des nations occidentales et européennes.

Il est donc important de noter que, malgré le souci manifeste de l’UE de s’attaquer à la déforestation telle qu’exprimée dans la législation récente ciblant l’huile de palme, ainsi que dans les discussions et projets de propositions des décideurs politiques à Bruxelles, l’Europe est elle-même un moteur de la déforestation, à la fois directement en raison de ses propres pratiques forestières et agricoles, et indirectement en raison de sa consommation de matières premières liées à la déforestation à l’étranger.

Deuxièmement, cette analyse note que la sélection par l’UE de l’huile de palme comme objet de sa stratégie anti-déforestation est profondément contestable à de nombreux égards relevant de perspectives scientifiques, stratégiques et politiques. Le principal facteur de déforestation dans le monde est la production de bœuf, qui représente environ 34% des émissions de carbone liées à la déforestation, principalement en Amérique du Sud. En revanche, l’huile de palme produite en Asie-Pacifique représente environ 14%, moins de la moitié de cette quantité. Pourtant, environ un tiers des importations de bœuf de l’UE proviennent de zones illégalement déboisées d’Amérique du Sud. Les données de la Commission européenne ont également montré qu’entre 1990 et 2008, les produits de soja importés d’Amérique du Sud représentaient environ 82% de la déforestation attribuée à l’importation de cultures oléagineuses dans l’UE, par rapport aux importations d’huile de palme représentant 17% de la déforestation associée aux cultures oléagineuses de l’UE. Dans ce contexte, le point focal de la lutte anti-déforestation de l’UE sur l’huile de palme par rapport aux produits de base, y compris le bœuf et le soja, est fondamentalement défectueux.

La prescription politique spécifique de l’UE sur l’huile de palme a également été discréditée par de nombreuses études scientifiques tentant d’évaluer l’efficacité des approches de boycott sur les seuls produits de base. Celles-ci ont examiné les conséquences potentielles et probables de l’option politique d’interdire l’huile de palme et constatent que l’approche est susceptible de générer des conséquences environnementales plus dévastatrices en augmentant les taux de déforestation, principalement en forçant la demande des consommateurs à se tourner vers des alternatives oléagineuses qui, cependant, utilisent plusieurs fois plus de terres, d’eau, d’engrais et d’énergie. Cela conduirait à des taux de déforestation plus élevés que l’huile de palme. Par conséquent, toute la prescription politique de l’UE est écologiquement dangereuse. Une approche différente est nécessaire. Pourtant, la nature d’un nouveau cadre potentiel pour lutter contre la déforestation ne peut être développé que dans le contexte d’une analyse plus large des causes systémiques de la crise actuelle.

Expansion industrielle et limites de la croissance

Se concentrer uniquement sur la déforestation comme clé pour faire face aux risques de pandémie est une erreur étant donné que la déforestation apparaît simplement comme un symptôme de première ligne parmi tant d’autres ancrés dans une gamme de processus d’expansion industrielle. Reconnaissant que la déforestation soit fondamentalement un symptôme de processus industriels plus profonds plutôt qu’un moteur principal lui-même, et un seul symptôme parmi plusieurs autres, souligne la nécessité d’élargir la portée de notre analyse en vue d’examiner la relation entre la déforestation et les structures de la civilisation industrielle. Alors que le cadre des limites planétaires offre une base scientifique solide pour conceptualiser la relation de plus en plus délétère de la civilisation industrielle avec ses propres systèmes de soutien planétaire dans le milieu naturel, il contient une lacune importante en ce qui concerne les systèmes énergétiques. Le nouveau discours scientifique sur les frontières planétaires, dont la déforestation peut être compris comme un facteur clé, s’appuie sur un certain nombre de modèles mathématiques conçus pour examiner la relation de la civilisation industrielle avec l’environnement naturel (technique à l’origine du travail des « limites de la croissance » mené dans les années 1970 au MIT). À la suite de ces travaux, de nombreuses études ont corroboré et élargi les conclusions du modèle MIT qui a identifié le scénario probable du business-as-usual comme celui de l’effondrement potentiel de la civilisation mondiale autour de la période 2030-2050.

Le besoin d’une économie biophysique

Un élément clé de ce travail de modélisation fut celui des besoins en ressources de la civilisation industrielle, y compris des ressources énergétiques et minérales. Non seulement les résultats du modèle sont compatibles avec le scénario actuel d’escalade des pandémies en tant que symptôme de dépassement planétaire (le dépassement des « limites de la croissance »), mais une modélisation plus récente des travaux confirme que l’un des principaux nœuds de ce dépassement est la relation entre consommation d’énergies fossiles et transition énergétique potentielle. Cela met en évidence une lacune clé dans le discours sur les frontières planétaires, qui a tendance à ignorer le rôle fondamental des intrants énergétiques pour permettre la croissance économique qui sous-tend les fonctions sociétales industrielles. La discipline émergente de l’économie biophysique nous aide à combler cette lacune en portant notre attention sur la mesure scientifique critique du retour sur investissement énergétique (EROI), qui compare la quantité d’entrées d’énergie aux sorties d’énergie pour toute ressource. Les études de suivi de la dynamique EROI des combustibles fossiles démontrent un déclin constant de leur efficacité, avec des quantités croissantes d’énergie nécessaires pour extraire une quantité d’énergie utilisable pour les fonctions sociétales. Alors que ce processus s’est intensifié en raison du passage des combustibles fossiles conventionnels aux combustibles fossiles non conventionnels depuis 2005, il a augmenté le fardeau des coûts énergétiques pour nos économies.

Cette dynamique est un moteur prééminent de l’accélération des processus d’expansion industrielle. Elle aggrave l’impératif de croissance sans fin associé aux formes non réglementées de relations de propriété capitalistes néolibérales, et conduit à un cercle vicieux d’accélération de la consommation et de la production de combustibles fossiles pour tenter de soutenir la croissance économique. Tout en étant un moteur direct des émissions de carbone responsable d’une trajectoire civilisationnelle vers un climat dangereux, cette économie mondiale centrée sur les combustibles fossiles fait également partie intégrante de la dynamique d’expansion de la consommation et de la production industrielles qui, à leur tour, transgressent les principales limites planétaires, y compris les problèmes de changement d’affectation des sols associés à la déforestation.

Simultanément, comme les coûts d’extraction et de production des industries de combustibles fossiles (en particulier le secteur américain du schiste, qui représente environ 90% de la croissance de la production), ont une rentabilité largement inférieure en raison de la dynamique baissière des prix du marché, l’industrie a été obligée d’emprunter excessivement. Les programmes d’assouplissement quantitatif massif (Quantitative Easing) ont, d’un côté, contribué à maintenir le prix du marché du pétrole à un niveau bas, tout en soutenant les activités non rentables de l’industrie pétrolière. Ainsi, les mêmes programmes ont créé les conditions de la crise interne dans les fondamentaux économiques de l’industrie. Même avant le début de la pandémie, les prévisions les plus solides prévoyaient que cette situation serait finalement insoutenable et conduirait tout à la fois à l’implosion de l’industrie pétrolière ainsi qu’à une crise économique due au non-remboursement de la dette industrielle, ce qui porterait atteinte à l’intégrité de l’économie mondiale. En d’autres termes, la dépendance mondiale continue aux combustibles fossiles, le pétrole en particulier, joue un rôle causal central dans la rupture des frontières planétaires qui a commencé dans les années 1970.

Les racines biophysiques de la crise mondiale du secteur pétrolier

La crise pétrolière mondiale déclenchée par la pandémie COVID-19, sous la forme de l’effondrement sans précédent de la demande (reflété par la chute des prix du pétrole), fait donc partie d’un processus plus large, symptomatique d’une séquence de crises croissantes liées à la trangression croissante des frontières planétaires par la civilisation industrielle. Comprendre la crise de cette manière fournit de nouvelles informations sur les risques immédiats et sur les conséquences sociétales à plus long terme. La fermeture de sections importantes de l’industrie pétrolière mondiale en raison de l’effondrement de la demande déclenché par une pandémie menace de décimer jusqu’à 10% de façon permanente certaines réserves de pétrole dont l’extraction est à l’arrêt, ce qui implique que la production mondiale de pétrole a atteint un pic en 2019 auquel il est peu probable qu’elle puisse revenir même si la demande, elle, repart. Si cette analyse est correcte, cela renforce la nécessité d’un cadre holistique-systémique pour comprendre la nature interconnectée de ce qui apparaît pour nous comme des crises séparées. En d’autres termes, non seulement la violation des frontières du système-Terre, la déforestation, le changement climatique, la pandémie et la crise du secteur pétrolier mondial doivent être compris comme les manifestations d’une crise unique, mais en outre cette crise écologique et biophysiquement analysée nous permet de reconnaître comment une crise dans chacun de ces secteurs aura probablement des rétroactions sur toutes des autres – ce que Thomas Homer-Dixon appelle un cadre de « défaillance synchrone ».

Les mécanismes de l’effondrement

Comme l’a montré Homer-Dixon, c’est justement la synchronisation de ces défaillances systémiques qui peut submerger la capacité globale du système à mobiliser une réponse efficace, pouvant entraîner un effondrement systémique. Il existe un risque sérieux que ce processus puisse conduire à une boucle de rétroaction positive, s’auto-alimentant, dans laquelle les disruptions du système-Terre (DST) déclenchent la déstabilisation des systèmes humains (DSH). Au fur et à mesure que le processus de déstabilisation s’intensifie, la capacité des systèmes humains à affronter les causes de la DST ou à répondre efficacement à la DST se réduit. Cela augmente la vulnérabilité du système humain à un autre épisode de DSH. La séquence des événements humains que la civilisation mondialisée a connu au cours des dernières décennies est éloquente : trois crises financières mondiales, deux crises énergétiques mondiales, des épisodes majeurs de troubles civils internationaux depuis Occupy jusqu’aux printemps arabe et à Black Lives Matter, ainsi que la pandémie mondiale actuelle et l’escalade du changement climatique. Tous ensemble illustrent que la civilisation connaît actuellement un cycle de crises et de ruptures intersystémiques mondiales.

Cependant, alors que le cadre DST-DSH identifie les vulnérabilités systémiques mondiales, il met également en évidence la portée de l’action humaine dans la transformation des systèmes humains pour minimiser les possibilités de perturbation du système-Terre. Le point focal de l’action doit être de renforcer les systèmes humains afin d’atténuer et d’éviter la disruption du système-Terre.

À propos de l’auteur

Dr Nafeez Mosaddeq Ahmed est un journaliste environnemental de renommée mondiale, universitaire et théoricien des systèmes, qui a écrit pour VICE, The Guardian, The Times, The Independent parmi de nombreux autres journaux. Il est Research Fellow à l’Institut Schumacher pour les systèmes soutenables. Ahmed est directeur exécutif du System Shift Lab, un réseau transdisciplinaire de spécialistes des sciences naturelles et sociales travaillant sur les plus grands défis mondiaux auxquels l’humanité est confrontée, et ancien chercheur invité au Global Sustainability Institute à l’université Anglia Ruskin. Il est l’auteur de plusieurs livres à succès sur les questions environnementales, dont Failing States, effondrement des systèmes : déclencheurs biophysiques de la violence politique (Springer), et Guide de l’utilisateur sur la crise de la civilisation : et comment la sauver (Pluton), qui a inspiré son film documentaire primé, The Crisis of Civilization.

Référence de l’article original : Nafeez Mosaddeq Ahmed, “Deforestation and the Risk of Collapse: Reframing COVID-19 as a Planetary Boundary Effect”, System Change, Vol.2, No.1, 2020 [disponible en ligne : https://www.systemchange.online/index.php/systemchange/issue/view/3].