4 janvier 2019

Quel avenir pour le Web et le numérique à l’ère de l’Anthropocène ?

Séminaire du 14 décembre 2018, par Alexandre Monnin

Nombreux sont celles et ceux qui parlent de “révolution numérique” pour qualifier les transformations passées et en cours et décrire la forge où s’inventent de nouveaux futurs sous le signe de l’innovation. “Le monde”, semble-t-il, “devient numérique”, comme l’expliquait l’informaticien Gérard Berry dans sa leçon inaugurale au Collège de France il y a une dizaine d’années. Néanmoins, un tel constat appelle plusieurs questions. Parallèlement à ce devenir-numérique, d’autres chercheurs nous expliquent, avec une certitude au moins aussi grande, que nous sommes, à l’échelle de l’espèce, et que nous le voulions ou non, entrés dans l’Anthropocène, une ère d’instabilité qui menace la civilisation actuelle, les écosystèmes et, ce faisant, la survie de l’espèce humaine. Dans ce contexte, il est légitime de se poser la question suivante : “le monde, s’il devient numérique, a-t-il réellement les moyens de le rester ?”. Nous n’entrons pas dans un âge marqué par une révolution mais plusieurs ; autrement dit, les futurs auxquels nous travaillons sont désormais divergents et il nous faut rapidement essayer de penser leur inévitable point de convergence avant que ce dernier ne s’impose à nous brutalement. C’est ce que nous tâcherons de faire dans cette présentation en nous attachant à réfléchir à l’avenir du numérique en général et du Web en particulier, moins pour faire de la futurologie que pour identifier les contraintes qui, quel que soit le scénario, s’imposeront à nous, et réfléchir, dès lors, au meilleur cours d’action à adopter dès aujourd’hui.

Consulter ci-dessous les conférences d’Alexandre Monnin :

Première partie : Quel avenir pour le web à l’heure de l’Anthropocène ?

Deuxième partie : Le numérique est notre futur mais quel est notre avenir

Troisième partie : Faire autrement

Alexandre Monnin est directeur Scientifique d’Origens Media Lab, enseignant-chercheur en école de management (ESC Clermont) et président de l’association Adrastia. Docteur en philosophie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sa thèse a porté sur la philosophie du Web, un courant dont il a été le pionnier avec Harry Halpin et Yuk Hui (cf. H. Halpin & A. Monnin (éd.), Philosophical Engineering. Towards a Philosophy of the Web, Wiley Blackwell 2013). Ses travaux empruntent aux sciences sociales les enjeux du terrain et il se réclame de ce fait d’une philosophie empirique. Sa recherche porte sur les enjeux ontologiques du Web et du Web sémantique, l’histoire de l’IA mais aussi l’art contemporain et ses liens avec la recherche actuelle, l’Anthropocène et la fin du numérique ou encore la question de la coopération et des communs. En 2016, il a fondé le Community Group « Web We Can Afford » au sein du W3C et en 2010 le CG “PhiloWeb”. Auparavant, il a notamment été l’architecte de la plateforme numérique (ReSource) de la Fondation des Galeries Lafayette pour l’art contemporain, Lafayette Anticipation (2014-2016). Chercheur à l’Inria Sophia Antipolis (2014-2017), consultant pour l’UNESCO (IIEP, 2013-2014), Fellow à l’IKKM (Bauhaus Universität, 2013), responsable Recherche Web à l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou (IRI, 2010-2013) et initiateur du DBpedia francophone (2011), il est également membre du réseau d’experts de la mission Etalab sous la responsabilité du Premier ministre (depuis 2013), du GDS Eco-info et du GDR “Internet & Société” du CNRS (depuis 2018). Il a enfin contribué à la rédaction du rapport intitulé “Pour une sobriété numérique” publié par le Shift Projet dans le cadre du groupe de travail “Lean ICT” (2017-2018).