Parution : Walter Benjamin & La Tempête du progrès

À l’heure où la course au progrès est plus que jamais d’actualité, Agnès Sinaï met en lumière toute l’actualité du penseur Walter Benjamin.

Philosophe, traducteur, voyageur, critique d’art et de littérature, les étiquettes sont multiples pour désigner Walter Benjamin (1892-1940). Considéré comme l’un des plus grands théoriciens du XXe siècle, ce philosophe flâneur dénonçait déjà « l’illusion du progrès ».

Dévoilant le fétichisme de la marchandise, Benjamin analyse comment le capitalisme marque la culture et les imaginaires. Refus de l’utile, droit à la flânerie, renversement révolutionnaire, harmonie entre nature et humanité… sont selon lui autant de ferments d’utopies pour résister à l’uniformisation du monde.

« Il se peut que les révolutions soient l’acte par lequel l’humanité qui voyage dans le train tire les freins d’urgence. »

Parution : nouvelle édition, 17 février 2022, Le passager Clandestin, coll. « précurseur.ses de la décroissance », 128 pages, 10€.

Cliquer pour vous procurer le livre.


Evénement : Quel(s) paysage(s) pour l’Anthropocène ?

Agnès Sinaï tiendra une conférence sur les paysages de l’Anthropocène le jeudi 3 février 2022 à l’Académie du Climat.

Après avoir expliqué ce qu’est l’Anthropocène, Agnès Sinaï décrira quelques-uns des « paysages » que cette nouvelle ère géologique, marquée par les activités humaines, génère. Elle montrera aussi, en creux, ce qu’il est possible de réaliser pour contrecarrer l’effondrement annoncé…

Cette conférence s’inscrit dans les Conversations autour du vivant. Conçu et animé par le Philosophe Thierry Paquot, il s’agit de la proposition 2022 du cycle de conférences Nature Technique & Territoire en partenariat avec l’ESAJ et l’Académie du Climat.

Lieu et date : Académie du climat, 2 place Baudoyer, 75004 Paris, jeudi 3 février, 19h00-20h30.

Inscription et passe sanitaire obligatoires : www.eventbrite.com/cc/cycle-de-conferences-esaj-60549

Le programme du cycle complet : Conference-esaj-2022-Academieduclimat

 


[Vidéo] Table Ronde des EGPU : Décroissance et Effondrement

Lors des Etats Généraux du Post-Urbain (EGPU), Alice Canabate est intervenue à la table ronde Peut-on encore se passer de décroissance pour éviter les effondrements ?

Elle insiste sur l’épaisseur de la pensée du basculement et de ses fondements rationnels. Elle défend l’idée que la décroissance constitue un projet total de société qui ne peut être réduit à l’économique ou à un simple chemin. La société de la décroissance est au contraire une fin en soi vers laquelle il nous faut tendre.

Alice Canabate termine en citant René Char : « A chaque effondrement des preuves le poète répond par une salve d’avenir ».


Parution : Politiques de l’Anthropocène

Âge de l’épuisement des ressources, du bouleversement des cycles naturels, l’Anthropocène s’illustre par la rapidité des transformations thermo-industrielles du système-Terre. En dépit de cette accélération sans analogue, les sociétés contemporaines continuent de se nourrir de valeurs obsolètes. La croissance est l’une d’elles.

D’où l’impératif de déconstruire un imaginaire productiviste qui ignore la nature et les contenus de la production ; de penser des politiques de l’Anthropocène qui se fondent sur l’acceptation de seuils et de limites. Envisagée ici comme un projet égalitaire plutôt que comme une injonction à diminuer le produit intérieur brut, la société décroissante cherche à éviter le délitement des liens, à maintenir les conditions d’habitabilité de la Terre dans une décence commune.

Cette réédition de la trilogie des Politiques de l’Anthropocène entend y contribuer. Cet ouvrage, publié dans la collection « Références » des Presses de Sciences Po, témoigne du chemin intellectuel parcouru par l’Institut Momentum au cours de la dernière décennie, un chemin partagé avec l’idée de décroissance dans ce qu’elle a de plus lucide.

Politiques de l’Anthropocène, Agnès Sinaï (dir.) : Penser la décroissance, Economie de l’après-croissance, Gouvernement de la décroissance (co-dirigé avec Mathilde Szuba)

Détails : novembre 2021, 598 pages, 23 €, pour se le procurer : cliquez ici.

Auteur.e.s : Christian Arnsperger, Ugo Bardi, Philippe Bihouix, Christophe Bonneuil, Dominique Bourg, Thierry Caminel, Alice Canabate, Hugo Carton, Julie Celnik, Yves Cochet, Paul Jorion, Virginie Maris, Dennis Meadows, Dominique Méda, François Roddier, Sandrine Rousseau, Alice Le Roy, Luc Semal, Agnès Sinaï (dir.), Mathilde Szuba (dir.), Benoît Thévard.


Vidéo : Quoi comprendre de la collapsologie ?

Réparer le futur, c’est d’abord savoir le raconter.

Retrouvez l’enregistrement d’Alice Canabate et Bruno Villalba autour d’une discussion animée par la journaliste Elsa Landard sur le catastrophisme ambiant et en particulier la collapsologie.

Quoi comprendre de cette proposition projective ? L’écologie a-t-elle la possibilité de porter un récit qui ne soit pas celui du « pire » ? L’éco-anxiété doit-elle nous inquiéter ? Ou inversement y a-t-il une vertu à la peur ? Que répondre aux nombreux détracteurs de la collapsologie ? Une rencontre qui vous propose de plonger dans la complexité des récits pour mieux en saisir les enjeux.

Le festival des idées a eu lieu à la Bellevilloise (19-21 rue Boyer, Paris XXe) le vendredi 19 novembre 2021 à 14h.

Photo : Image tirée de La Planète des singes
(Franklin Schaffner, 1968), crédit Alamy.


Topophile a fêté ses deux ans

Nous nous sommes retrouvé.e.s le vendredi 19/11 en soirée pour célébrer l’anniversaire de la revue !

Lancée en grande pompe le 14 novembre 2019 à l’Oratoire des Grands Voisins, privée de célébration en 2020 à cause de la pandémie, la revue a été heureuse de nous convier le vendredi 19 novembre à partir de 18h à une soirée commensale et conviviale pour savourer le chemin parcouru et goûter l’horizon attendu. Le rendez-vous a eu lieu en salle des fêtes de l’Académie du climat, 2 place Baudoyer, 75004 Paris.

Ce fut l’occasion de se rencontrer autour d’un verre et d’un repas : lecteurs & lectrices, auteurs & autrices, donateurs & donatrices, ami·e·s & soutiens, potophiles & rhapsodes.


Ecouter l’Anthropocène. Pour une écologie et une éthique des paysages sonores

Après avoir pensé, repensé, critiqué et déconstruit l’Anthropocène, prenons quelques instants pour l’écouter. Car oui, l’ensemble des transformations anthropogéniques du système Terre peuvent être perçues à l’oreille, en mobilisant son sens de l’ouïe dans une posture d’écoute éclairée.

L’Anthropocène est aussi cette époque géologique où les sons anthropiques viennent écraser les sons biophoniques (du vivant non-humain) et modifier ceux géophoniques (des éléments naturels). Les paysages sonores sont bouleversés au rythme de l’anthropisation du monde.

Dans cet ouvrage, Quentin Arnoux nous permet ainsi de réenvisager l’Anthropocène en élargissant notre perception de celle-ci à ses bruits polluants, ses sonorités thermo-industrielles et ses tonalités symptomatiques de la domination de l’humanité moderne sur le monde.

Quentin Arnoux, Ecouter l’Anthropocène. Pour une écologie et une éthique des paysages sonores, Le Bord de l’Eau, 2021, 16€.


Pour en finir avec la vitesse

Le rapport à la vitesse reste largement un impensé de notre société. Et pourtant, la vitesse agit comme un opérateur fondamental de l’espace-temps. En réduisant le temps de déplacement, elle vient diminuer les distances et ainsi écraser l’espace. Ces transformations ont des implications multiples, allant de notre rapport au monde à l’amménagement du territoire, en passant par nos modes de vie. Si elles permettent une accélération des déplacements, il est indispensable de s’arrêter un instant afin de réfléchir à ce qu’elle implique pour notre humanité.

En effet, si la vitesse véhicule une promesse de liberté, si elle flatte notre aspiration prométhéenne à l’accroissement inexorable de puissance, elle vient avec un prix que nous avons du mal à appréhender. Dans celui-ci, nous pouvons tout même identifier la fatigue, le stress, les inégalités, le risque systémique, la congestion et la pollution. Nous remarquons que la trajectoire actuelle est à l’accélération de la vitesse, et cela malgré les avancées du numérique. Plutôt que ralentir les rythmes de déplacements, la numérisation de notre existence accroît encore la vitesse de notre existence.

Est-il alors encore possible de sortir de l’emprise de la vitesse?

Les auteurs, Tom Dubois, Christophe Gay, Vincent Kaufmann et Sylvie Landriève du forum Vies Mobiles donnent sur le sujet un point de vue inédit et proposent de réorganiser le territoire pour permettre de vivre en plus grande proximité et répondre aux enjeux climatiques.

DUBOI Tom, Christophe GAY, Vincent KAUFMANN et Sylvie LANDRIEVE, Pour en finir avec la vitesse, L’Aube, 2021, 15€.


Décroissance, Fake or Not ?

Dans cet ouvrage pédagogique, Vincent Liegey revient sur les fondations de la décroissance et démystéfie les a priori dont elle fait l’objet.

Déterminer s’il est encore possible et souhaitable d’appuyer sur l’accélérateur de l’économie mondiale est aujourd’hui une question majeure. Concilier la préservation de la planète et la course à la croissance avec le développement durable ne relève pas de l’évidence, bien au contraire. A l’inverse, dire de la décroissance qu’elle ne peut que mener à la récession, à l’anarchie et à la fin de toute innovation est au contraire trop simpliste.

Pour démêler le vrai du faux, le spécialiste de la décroissance Vincent Liegey résume les ordres de grandeur et explique les notions clés pour permettre à chacun de se saisir de ce sujet clivant et d’en débattre, dans toute sa complexité.

Vincent Liegey, Décroissance, Fake or Not ? Décrypter nos sociétés de croissance sans fake news : développement durable, low-tech, sobriété, énergie renouvelable, vivre ensemble, Tana éditions, 2021, 13,90€.

 


Puissance. Limites et perspectives pour la survie de l’humanité

Après avoir retracé l’histoire de l’accroissement de puissance par l’humanité, Richard Heinberg se demande si nous n’avons pas détruit les systèmes sociaux et écologiques par excès.

Homo sapiens est le champion planétaire de l’accaparement de puissance. il a acquis une telle capacité de transformation du monde que, simple effet collatéral, il modifie la chimie de l’atmosphère et des océans. De manière concomitante, il a construit des mécanismes de surveillance et de contrôle de masse pour exercer son pouvoir sur la population. Il ne s’agit pas de condamner la puissance en elle-même. Au contraire, sans elle, nous ne pouvons rien faire. Néanmoins, les humains, ou du moins une partie de l’humanité, en profitons avec excès. Richard Heinberg propose d’aborder la question avec honnêteté, sensibilité et intelligence.

Renoncer à la puissance, en tant qu’espèce, pourrait être la seule façon de protéger l’humanité d’un effondrement, voire d’une extinction, et de maintenir les conditions d’habitabilité de la Terre. L’auteur étudie alors les mécanismes anthropologiques de limitation de puissance, un savoir oublié après un siècle d’abondance énergétique.

Parution : 14 septembre 2021, Power : Limits and prospects for human survival, New Society Publishers, langue anglaise.

Richard Heinberg est l’auteur de treize livres dont Pétrole : la fête est finie ! (2008), La fin de la croissance (2012) et Peak Everything (2007). En tant que membre éminent du Post Carbon Institute, il est largement considéré comme l’un des défenseurs les plus importants de la sortie des énergies fossiles. Heinberg a donné des centaines de conférences sur notre avenir énergétique à des publics du monde entier.